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actu & culture


PARIS - mercredi 29 aout 2007 à 15h48

L'"ouverture" se poursuit avec Michel Rocard



Nouvelle prise de guerre pour Nicolas Sarkozy: poursuivant la stratégie d'"ouverture" à gauche voulue par le chef de l'Etat, le gouvernement a annoncé mercredi avoir confié à l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard les rênes d'un comité de réflexion sur les conditions du métier d'enseignant.

"J'ai sollicité Michel Rocard, qui a accepté d'être la personnalité phare de cette commission", qui sera placée sous sa "haute autorité", a expliqué le ministre de l'Education Xavier Darcos lors d'un point de presse au ministère. J'ai "voulu que ce comité travaille librement" et "j'ai donc voulu un esprit libre".

Une annonce confirmée par l'intéressé, qui justifie sa décision d'accepter et se défend d'être une nouvelle recrue de l'"ouverture". "C'est un devoir de démocrate que d'accepter", justifie-t-il dans "Le Monde", se félicitant que le PS fasse entendre sa voix grâce à lui dans ce comité. "Mon opinion risque d'être un peu différente de celle des représentants du gouvernement", a-t-il glissé sur RTL.

Conscient d'être une nouvelle prise de guerre à gauche pour Nicolas Sarkozy, l'actuel député européen relativise la portée politique de cet énième débauchage. "C'est le jeu du président de la République d'en faire un symbole politique, mais ça ne me concerne pas", a-t-il minimisé sur RTL. "C'est une décision personnelle", ajoute-t-il dans "Le Monde", précisant ne pas avoir consulté le PS.

C'est, de fait, un nouveau coin enfoncé au PS, déjà fragilisé par l'entrée au gouvernement de six personnalités issues de ses rangs ou proches du lui. Sans compter les socialistes qui ont déjà accepté des missions de l'Elysée: Jacques Attali, ex-conseiller de François Mitterrand, préside une commission sur les freins à la croissance; l'ancien chef de la diplomatie Hubert Védrine dirige une mission de réflexion sur la mondialisation; l'ancien ministre Jack Lang a intégré la commission sur la réforme des institutions.

Contacté par l'Associated Press, le porte-parole du PS Benoît Hamon n'a pas souhaité faire de commentaire. Coïncidence: attendu à l'université d'été du PS qui s'ouvre ce vendredi à La Rochelle (Charente-Maritime), Michel Rocard doit participer samedi à un atelier intitulé "Où en est la gauche?"

Reste que son débauchage n'est guère surprenant. Lui-même a dirigé entre 1988 et 1991 un gouvernement d'ouverture. En 1993, le père de la "deuxième gauche" avait en outre appelé à un "big bang" via une alliance du PS avec le centre, les écologistes et les communistes rénovateurs. Une alliance entre les socialistes et le MoDem qu'il avait de nouveau préconisée le 13 avril dernier, à neuf jours du premier tour de la présidentielle, semant alors la zizanie au PS et prenant le risque d'embarrasser Ségolène Royal.

Pas tendre avec l'ex-candidate, il avait reconnu fin juillet lui avoir proposé en vain de la remplacer dans la course à l'Elysée en mars. "Il n'y avait plus rien à faire. Elle était fichue."

Peu amène avec son parti depuis la débâcle du 6 mai, Michel Rocard estimait en fin de semaine dernière que le PS "n'est plus pour un paquet d'années en situation de gouverner". Il s'est également rapproché des "Gracques", club qui regroupe des hauts fonctionnaires proches du PS, qui avait également plaidé durant la campagne présidentielle pour une alliance entre le PS et le MoDem.

Cet été, Michel Rocard, 77 ans, avait été victime d'une hémorragie cérébrale lors d'un séjour en Inde, dont il s'est parfaitement rétabli après avoir été opéré d'urgence.

Du côté de la majorité, on ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. "On va continuer à confier des missions à des personnalités d'ouverture de gauche", a promis mercredi le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez. Xavier Darcos a d'ailleurs demandé à ce que "tous les anciens ministres de l'Education" soient "membres de droit" de son comité, citant Jack Lang, Claude Allègre et Jean-Pierre Chevènement... mais oubliant Lionel Jospin. AP

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