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François Bayrou s'est montré sévère dimanche soir à l'égard de Nicolas Sarkozy, dénonçant notamment son manque de neutralité politique et "la récupération politique" du rugby et de la personnalité de Guy Môquet.
Alors que le chef de l'Etat se trouvait au même moment au siège de l'UMP pour expliquer au bureau politique le traité européen simplifié, le président du MoDem a dit "regretter", lors du "Grand rendez-vous" Europe-1/TV5Monde/Le Parisien-Aujourd'hui en France, ce déplacement, qu'il a qualifié de "faute contre la fonction" présidentielle.
"La fonction de président de la République exige quelqu'un qui soit au-dessus des partis et non pas qui considère que c'est devant son parti qu'il doit aller s'expliquer", a-t-il déclaré, estimant que "le président de la République n'est pas un chef de gouvernement" mais "d'abord le chef de l'Etat", et qu'à ce titre, il est tenu à une certaine "neutralité".
"Déjà, recevoir à l'Elysée les parlementaires de son parti ou de sa majorité, c'était un manquement à cet équilibre", a dénoncé le député des Pyrénées-Atlantiques, estimant qu'"aujourd'hui", les choses allaient encore "plus loin", puisque M. Sarkozy s'organise "depuis longtemps (...) pour aller devant le congrès de son parti".
François Bayrou a ensuite déploré la "récupération politique" du sport et de l'histoire par Nicolas Sarkozy, dans laquelle il a lu un "très mauvais signe" pour la République française. "Je n'ai pas aimé, mais alors pas du tout aimé (...), vraiment même détesté, la récupération politique du rugby", a déclaré M. Bayrou, se référant notamment à l'annonce faite il y a quatre mois de la nomination différée de Bernard Laporte, alors sélectionneur du XV de France, comme secrétaire d'Etat à la Jeunesse et au Sport.
Poursuivant sur la même idée, l'élu centriste a estimé que la lecture de la lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet "le même jour à la même heure dans toutes les classes" ne "ressembl(ait) pas à ce que la République française et la démocratie en France ont fait pendant des années".
"L'Etat ne doit pas se mêler de l'histoire, l'Etat ne doit pas organiser la promotion en figure héroïque de qui que ce soit", a-t-il soutenu. "Le propre d'une démocratie, c'est que l'Etat est respectueux de la séparation nécessaire entre les historiens et les professeurs, et les ordres qu'il donne". "Chaque fois que l'Etat se mêle de l'exploitation de l'Histoire, c'est un très mauvais signe", a-t-il conclu. AP
pf/mw
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