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C'est le cadeau de rentrée de Nicolas Sarkozy et François Fillon à leurs troupes: alors que la presse bruisse de rumeurs sur un possible remaniement du gouvernement, les ministres vont recevoir prochainement un bilan individuel de leur action, au nom de la "culture du résultat".
"Les ministres, comme les autres, doivent rendre des comptes", a fait valoir jeudi le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez, au terme du premier conseil des ministres de l'année et des voeux du président au gouvernement à l'Elysée.
Pour ce faire, une grille d'évaluation a été élaborée avec une "trentaine d'indicateurs chiffrés par ministère", selon Matignon, comme par exemple le nombre d'universités ayant choisi le statut d'autonomie pour Valérie Pécresse (Enseignement supérieur) ou le nombre d'expulsions de sans-papiers pour Brice Hortefeux (Immigration). Un travail de scribe mené à bien par les cabinets des ministres et Matignon, avec l'aide du cabinet d'audit privé Mars & Co.
Une fois ces grilles dûment remplies par chaque ministère -travail "quasiment terminé" selon Matignon-, les ministres seront reçus par François Fillon. "Ils vont avoir des entretiens", sans doute à partir de "la deuxième quinzaine de janvier", a précisé l'entourage du Premier ministre.
Les ministres qui récolteront un bonnet d'âne sont prévenus: ils "devront rendre compte de leur inefficacité", selon Laurent Wauquiez.
Mais à Matignon, on assure que l'initiative n'a "strictement rien à voir" avec un possible remaniement à l'approche des municipales de mars. "C'est un processus de long terme, ça n'a rien à voir avec un éventuel remaniement", certifie l'entourage de François Fillon. "C'est un outil de pilotage" et "ça n'est pas fait pour couper des têtes".
L'idée n'est pas, il est vrai, nouvelle. Le 29 mai, Nicolas Sarkozy avait annoncé qu'il fixerait "des objectifs" à chaque ministre pour "évaluer ses résultats". L'été dernier, tous ont reçu une lettre de mission en forme de feuille de route, cosignée par le président et son Premier ministre.
François Fillon s'est lui-même chargé jeudi de démentir l'idée d'un prochain remaniement. "Vous serez déçus, comme d'habitude!", a-t-il lancé, bravache, aux journalistes. "Pour l'instant, ce n'est pas d'actualité", a appuyé le conseiller spécial du président, Henri Guaino, sur France-Info.
Lors de ses voeux pour 2008, Nicolas Sarkozy a de fait renouvelé "sa confiance totale, pleine et entière au gouvernement" et réaffirmé sa "confiance totale" au Premier ministre. Tout en leur rappelant avec insistance que les Français sont "impatients" d'avoir des "résultats".
Bons élèves, les 32 ministres faisaient mine de ne pas s'offusquer d'être notés. "Moi je suis habitué aux notations, vous savez, le vieux prof que je suis. Oh, j'en connais la relativité...", souriait le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos.
"Ça ne me choque pas", relativisait Eric Besson, secrétaire d'Etat à la Prospective. "Moi j'ai travaillé en entreprise", a rappelé l'ancien socialiste, passé au début de sa carrière par le groupe Renault et la fondation Vivendi. "On avait des entretiens individuels. Je trouve même que c'est assez intéressant parce que ça oblige mutuellement à se dire ce qui ne va pas, ce qui va bien, etc."
"C'est une très bonne chose qu'il y ait une culture du résultat, une culture de l'action. Cela se fait dans le secteur privé et cela se fait maintenant de plus en plus dans l'administration", saluait le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet, ancien haut fonctionnaire. Il n'y a là rien de vexant, selon lui. "C'est pas du tout infantilisant. Au contraire, c'est responsabilisant", assurait M. Jouyet. Qui confiait même: "On fait tout pour avoir une bonne note".
La ministre de l'Economie Christine Lagarde, dont le travail décevrait Nicolas Sarkozy selon "Le Parisien" de jeudi, a quant à elle balayé les questions: "Pour l'instant, je sais que j'ai du travail à faire et j'en suis ravie!". AP
sch-co/mw
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