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actu & culture


MANTES-LA-JOLIE/PARIS - lundi 31 juillet 2006 à 20h21

Dominique de Villepin ne s'accorde "aucune pause" cet été



La présidentielle en ligne de mire, Dominique de Villepin veut "garder le rythme" pendant les vacances. Lors de sa dernière conférence de presse mensuelle avant la trêve estivale, le Premier ministre a prévenu lundi qu'il n'entendait s'accorder "aucune pause", alors que Jacques Chirac lui demandait de préparer cet été de nouvelles mesures pour l'emploi.

C'est au stade nautique de Mantes-la-Jolie (Yvelines), dans le quartier sensible du Val Fourré, que le chef du gouvernement, accompagné de ses ministres Jean-Louis Borloo (Emploi), Thierry Breton (Economie), Azouz Begag (Promotion de l'égalité des chances) et Catherine Vautrin (Cohésion sociale) avait décidé de délocaliser sa traditionnelle conférence de presse. Dominique de Villepin, qui a réalisé pas moins de six déplacements ces deux dernières semaines, entend visiblement privilégier la proximité avec les Français, alors qu'il est au plus bas dans les sondages.

S'il n'a pas annoncé lundi de mesures nouvelles, il a martelé sa volonté de continuité dans l'action gouvernementale, prenant ainsi l'exact contre-pied de la "rupture" prônée par son ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. "Seul un travail de tous les jours nous permettra de trouver les solutions et d'apporter des résultats".

"Il est indispensable de garder le rythme de notre action au cours des mois à venir", a-t-il déclaré. Car "l'enjeu, c'est que la société française puisse aborder sereinement les échéances politiques de 2007" et "que nous ayons commencé à apporter des réponses suffisamment convaincantes aux Français pour éviter tout risque de surenchère ou d'extrémisme". Dès lors, "le gouvernement poursuivra avec détermination son action tout au long des prochains mois pour que la situation s'améliore partout".

Le gouvernement prépare en particulier de nouvelles mesures pour l'emploi. Outre Dominique de Villepin, pas moins de sept ministres ont participé dans l'après-midi à l'Elysée à un conseil restreint sur le sujet présidé par Jacques Chirac, avant la tenue d'un séminaire gouvernemental à Matignon. Le chef de l'Etat a demandé au gouvernement "d'amplifier encore le rythme de l'action" contre le chômage. Pour cela, il a souhaité "que de nouvelles mesures efficaces pour doper les créations d'emploi soient étudiées au cours de l'été", un nouveau conseil restreint étant programmé "avant la rentrée pour arrêter les décisions nécessaires".

Après l'échec du contrat première embauche (CPE), "le problème du chômage des jeunes les moins qualifiés reste entier", avait constaté dans la matinée M. de Villepin. "Nous travaillerons ensemble avec Jean-Louis Borloo au cours des prochaines semaines pour arrêter la feuille de route des prochains mois", avait-il précisé.

Il est vrai que l'emploi est un domaine où le Premier ministre, en mal de popularité, peut se vanter d'obtenir de bons résultats. Le nombre de chômeurs a encore diminué de 26.500 en juin, pour atteindre 9% de la population active.

Et "la baisse du chômage, ce n'est pas un hasard de calendrier", a insisté Dominique de Villepin. "Elle ne résulte pas de l'évolution démographique comme certains le prétendent", mais "d'une politique pragmatique et volontariste". Le Premier ministre s'est fixé pour objectif de "passer sous la barre des deux millions de chômeurs au premier trimestre 2007", soit justement au moment de la désignation du candidat UMP pour la présidentielle.

Mais il s'est défendu de vouloir ainsi pratiquer les "petits jeux consistants à vouloir tirer la couverture à soi", précisant avoir petit-déjeuné avec Jean-Louis Borloo, avec lequel il est "totalement en phase", puis déjeuné avec le président de l'UMP Nicolas Sarkozy.

"Chacun est dans son rôle quand il défend le meilleur des projets possibles", et ce "sans perdre de vue l'ambition qui est la nôtre, qui est de faire triompher nos idées", a plaidé le Premier ministre. Car "l'esprit, c'est bien de gagner en 2007".

Lors du séminaire gouvernemental qui s'est tenu en fin d'après- midi, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy ont d'ailleurs "l'un et l'autre beaucoup insisté sur le fait qu'il fallait (...) penser à valoriser le travail de l'équipe, car (...) ce que les Français regardent ce sont les résultats qu'on obtient", a assuré le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé. AP

co/cov/cr