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actu & culture


PARIS - vendredi 08 fevrier 2008 à 15h28

Sarkozy propose une "nouvelle politique" pour les banieues, mais peu de moyens


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Promettant de "casser les ghettos dans les têtes", Nicolas Sarkozy a présenté vendredi sa "nouvelle politique pour les banlieues", qui met l'accent sur l'éducation et l'insertion des jeunes, sur les transports publics et la sécurité, sans toutefois offrir des moyens à la hauteur de "l'effort sans précédent" affiché.

Un peu plus de deux ans après les émeutes de novembre 2005, le président de la République a inscrit son action en rupture avec "vingt ans d'efforts de la part de tous les gouvernements" qui "n'ont pas réussi à empêcher que les fractures se creusent". L'effort en faveur de la rénovation urbaine "se poursuivra aussi longtemps que nécessaire", mais M. Sarkozy entend s'attaquer à "l'assistance" et à la dispersion des moyens pour concentrer désormais "les efforts là où résident les besoins".

Complétant les grandes lignes présentées en janvier par sa secrétaire d'Etat à la Politique de la ville Fadela Amara -à laquelle il a rendu un hommage appuyé- Nicolas Sarkozy a mis en avant la nécessité de renforcer la sécurité dans les banlieues. Il a promis d'y envoyer 4.000 policiers supplémentaires en trois ans, afin de "mettre fin à la loi des bandes, à la loi du silence, la loi des trafics".

Ces effectifs seront composés de 200 "unités territoriales de quartier" chargés du maintien de l'ordre et de "compagnies de sécurisation spécialisées" créées pour lutter contre les violences urbaines. En outre, le président a annoncé "une nouvelle impulsion spectaculaire" de l'action des groupes d'intervention régionaux, "mobilisés jour et nuit". "C'est une guerre sans merci qui sera engagée à l'égard des trafics et des trafiquants", a lancé l'ancien ministre de l'Intérieur en promettant d'assumer "pleinement la responsabilité, les conditions de mise en oeuvre, le suivi des résultats" de cette politique.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a confirmé une politique de désenclavement par le biais du développement des transports publics, un effort réclamé de longue date par les élus et les habitants de banlieue.

Cinq cent millions, pris sur le financement déjà prévu dans le cadre du Grenelle de l'environnement, serviront à développer de nouvelles lignes de tramway, de bus ou de train, particulièrement en région parisienne. Cette enveloppe, qui ne représente que la moitié du milliard promis par Fadela Amara en janvier dernier, financera la seule proposition chiffrée présentée par le président.

"Ce n'est pas une question d'argent", a écarté Mme Amara, qui préférait mettre l'accent sur la "nouvelle dynamique" lancée par le discours présidentiel. Un avis loin d'être partagé sur le terrain: "La question des moyens n'a pas été abordée", a pointé Sihem Habchi, qui a succédé à Mme Amara à la présidence de l'association "Ni putes ni soumises". "Il n'y a rien de nouveau", a regretté Zacharia ben Amar, président de l'association Authenti-cité à Nanterre (Hauts-de-Seine) et conseiller municipal PS.

M. Sarkozy a également insisté sur le rôle de l'école et des mécanismes d'insertion pour assurer "l'égalité des chances sur tout le territoire". Dans ce domaine, il promet d'accompagner "plus de 100.000 jeunes" vers l'emploi dans les trois années qui viennent. Candidat à la présidentielle, il affirmait vouloir offrir "une formation, un emploi, une rémunération, un travail" à 250.000 jeunes des quartiers dans le cadre d'un "plan Marshall".

Dans cette perspective, l'école de la 2e chance sera chargée d'accueillir "à l'horizon 2012" entre 15.000 et 20.000 des 150.000 élèves qui sortent chaque année du système scolaire sans diplôme. "Je veux que (...) tout jeune sorti du système scolaire sans qualification puisse être accueilli dans une école de la deuxième chance", a pourtant affirmé le président.

Le "contrat d'autonomie" concernera lui 45.000 jeunes qui apprendront en quelques semaines "les codes nécessaires à l'insertion dans l'entreprise" afin d'accéder à un emploi, un contrat d'apprentissage ou une formation. Par ailleurs, 20.000 jeunes porteurs de projets seront aidés pour créer leur entreprise. "Il faut que la jeunesse voie que l'on est prêt à lui faire confiance", a expliqué le président, qui a cependant insisté sur les efforts qu'il attend en retour. "Il faudra se lever tôt le matin", a-t-il prévenu.

Concernant l'école, Nicolas Sarkozy a de nouveau dénoncé les "ghettos scolaires" et l'échec de la carte scolaire en matière de mixité sociale, promettant de "fermer les collèges les plus dégradés".

Il a proposé de créer 30 "sites d'excellence" dans les collèges et les lycées, avec "des classes d'élite rassemblant les meilleurs élèves". Quelque 4.000 places supplémentaires seront aussi créées dans les "internats de la réussite éducative" pour les élèves "fragilisés mais méritants". Le chef de l'Etat a également proposé d'expérimenter la délocalisation de classes entières d'élèves de primaire "pour découvrir un autre environnement" dans des quartiers plus favorisés. Autant d'annonces accueillies fraîchement par les syndicats enseignants. AP

lp/mw




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