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actu & culture


PARIS - mardi 26 fevrier 2008 à 15h07

Jacques Chirac au salon de l'agriculture: un parfum de nostalgie



Il n'aurait raté ça pour rien au monde. L'ancien président Jacques Chirac a passé près de quatre heures mardi au Salon de l'agriculture pour une visite aux antipodes de celle de Nicolas Sarkozy.

Pendant 3h45, l'ancien président a sacrifié au rituel immuable de ses visites à "la plus grande ferme de France". Caresses aux vaches, dégustation de produits de terroir, bises aux enfants, photos avec les visiteurs et encouragements aux agriculteurs, "bonjour", "tous mes voeux de réussite", "voilaaaaaâ": rien ne manquait à cette visite au parfum de nostalgie. "Cela me fait toujours plaisir, c'est un des grands moments de l'année", a-t-il confié sans s'étendre sur ses sentiments.

Jacques Chirac, qui effectuait sa troisième sortie publique depuis l'inauguration vendredi avec Nicolas Sarkozy de l'Historial Charles de Gaulle aux Invalides, est juste apparu plus fatigué qu'il y a un an. Tout au long de la visite, il n'a cessé de s'appuyer sur l'épaule du président du salon Christian Patria. Au bout d'une heure et demie, il s'est arrêté sur un stand pour se reposer à l'écart de la foule et des journalistes.

L'ancien président a reçu un accueil très chaleureux de la part des agriculteurs comme des visiteurs. Des applaudissements ont fusé à plusieurs reprises sur son passage.

Beaucoup ont comparé sa visite à celle de Nicolas Sarkozy samedi lors de l'inauguration du salon, au pas de charge et marquée par son algarade très médiatisée avec un visiteur.

"Il est extraordinaire, près du peuple, très cordial", s'est enthousiasmé Jean-Pierre Ahanda, un Parisien fan de Jacques Chirac. "Sarkozy, ça n'a absolument rien à voir. Un président de la République qui insulte quelqu'un, c'est insulter tous les Français".

"Chirac, c'était quand même autre chose", constatait Didier Fleury, un ancien boucher.

Les agriculteurs, dont beaucoup vouent une reconnaissance éternelle à Jacques Chirac depuis son passage au ministère de l'Agriculture au début des années 70, partageaient ce sentiment. "Le président Chirac, on le sent plus terroir. Le président Sarkozy a tout à montrer à ce niveau-là", confiait Jean-Michel Curien, éleveur de vosgiennes.

L'ancien président s'est bien gardé de tout commentaire sur l'actualité politique. "Je n'ai aucun commentaire particulier. Je suis au salon de l'agriculture, je suis heureux d'y être", a-t-il répondu à un journaliste qui tentait de l'interroger, avant d'être brutalement écarté par le service d'ordre.

Lors de son passage au stand de la FNSEA, où il a été salué par les ministres Bernard Kouchner (Affaires étrangères) et Michel Barnier (Agriculture), Jacques Chirac n'en a pas moins marqué sa différence avec son successeur sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC). Alors que M. Sarkozy a confirmé samedi sa volonté d'engager une "refondation" de la PAC pendant la présidence française de l'Union européenne, il a estimé que "la dérégulation, c'est le pire".

"Il faut conserver nos systèmes, ils peuvent être améliorés le moment venu, en 2014, mais ils doivent être maintenus dans leurs principes. La dérégulation, ça ne marche pas", a glissé l'ancien président.

Jacques Chirac a terminé sa visite par les stands des pays africains (Sénégal, Mali, Côte d'Ivoire). Le futur président de la Fondation pour le développement durable et le dialogue des cultures, toujours en cours de constitution, a promis son soutien au projet d'université du coton, et évoqué la question cruciale de l'eau. Il est reparti à 13h sous les applaudissements. AP

egp/mw