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actu & culture


PARIS - vendredi 29 fevrier 2008 à 17h00

Municipales: la gauche en position de force



Dix mois après l'élection de Nicolas Sarkozy, les Français sont à nouveau appelés aux urnes le 9 mars pour le premier tour d'élections municipales et cantonales que la gauche aborde en position de force.

Ce premier scrutin intermédiaire, traditionnellement difficile pour le pouvoir, tombe au plus mal pour la majorité. Une popularité présidentielle en chute libre, une croissance en berne, des résultats qui se font attendre: toutes les conditions sont théoriquement réunies pour une déroute de l'UMP. "Il y a une dynamique assez nette en faveur de la gauche, qui va au-delà du correctif par rapport à mars 2001", observe François Miquet-Marty, directeur des études politiques de l'institut LH2.

Sauf que les élections municipales sont avant tout des scrutins locaux. Toutes les enquêtes le disent: dans les 36.683 communes de France, les électeurs se détermineront essentiellement en fonction des enjeux municipaux. Ces derniers primeront dans le choix de 67% des électeurs, selon un sondage Ifop publié le 10 février dernier.

La politique nationale ne devrait donc jouer qu'à la marge, et davantage dans les grandes villes. "La chute de popularité de Nicolas Sarkozy fragilise les candidats UMP surtout dans les grandes villes", estime M. Miquet-Marty. A Marseille, le vice-président de l'UMP Jean-Claude Gaudin, au coude-à-coude avec le socialiste Jean-Noël Guérini, risque d'en faire les frais. Parmi les 22 ministres-candidats (dont 11 comme têtes de liste), le plus menacé est Xavier Darcos (Education nationale) à Périgueux.

Reste à savoir quelle ampleur aura une "vague rose", si elle se confirme dans les urnes. Simple retour de balancier après la "vague bleue" de 2001, qui vit la droite conquérir 20 villes de plus de 30.000 habitants, ou victoire écrasante?

Beaucoup dépendra de la capacité des deux camps à mobiliser leur électorat dans les derniers jours de campagne. D'où les appels pressants du Parti socialiste à la mobilisation, à l'image de Bertrand Delanoë, bien parti pour se succéder à lui-même à Paris.

Du côté de l'UMP, le Premier ministre François Fillon, qui a enchaîné les déplacements de soutien aux candidats les plus menacés, suppléant un Nicolas Sarkozy indésirable dans beaucoup de villes, répète partout que "rien n'est joué". La popularité du Premier ministre, qui a résisté à l'effondrement du chef de l'Etat, relativise l'hypothèse d'un vote-sanction. En outre, le mode de scrutin permet une correction du vote entre le premier et le second tour le 16 mars.

L'UMP, dont les candidats ont habilement gommé leur étiquette, espère limiter la casse en conservant des villes comme Marseille, Bordeaux, Toulouse ou Strasbourg. Sauver les meubles permettrait de dire que les réformes engagées depuis neuf mois ne sont pas contestées. En revanche, une déroute serait dévastatrice pour "l'omniprésident" Nicolas Sarkozy, avec un risque de fronde des parlementaires UMP contre le chef de l'Etat.

En tout état de cause, l'hôte de l'Elysée tirera les leçons de ces élections, sous la forme d'un remaniement envisagé pour après les municipales. "Je vais m'attacher à mieux présenter notre politique afin qu'elle soit mieux comprise", promettait-il cette semaine.

Du côté socialiste, on compte sur ces municipales pour se refaire une santé après l'échec de l'élection présidentielle. Pour sa dernière campagne en tant que Premier secrétaire avant de passer la main à l'automne, François Hollande mise sur la conquête de 30 villes de plus de 20.000 habitants, dont 220 sont aujourd'hui gérées par la droite et 170, par la gauche. Un succès permettrait au PS, toujours en panne de leadership, d'aborder plus sereinement son congrès.

L'affrontement PS-UMP marginalise les autres formations politiques. François Bayrou, qui tente un pari difficile à Pau, espère installer son Mouvement démocrate dans le paysage politique en obtenant des élus. D'où une stratégie à géométrie variable, avec des listes autonomes, des alliances avec l'UMP et d'autres avec le PS.

Les communistes, alliés au PS dans plus de 80% des villes, devraient sauver leurs derniers bastions. A l'extrême gauche, la LCR espère profiter de la popularité d'Olivier Besancenot.

Enfin, le FN, en crise depuis la déroute de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle, a fait une croix sur ces élections, hormis la candidature de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

L'autre scrutin des 9 et 16 mars, les cantonales, passe au second plan. Depuis 2004, la gauche gère 51 départements et la droite, 49. AP

egp/sb




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