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actu & culture


PARIS - vendredi 14 mars 2008 à 16h49

Sarkozy prépare un mini-remaniement et un changement de style



Nicolas Sarkozy prépare un mini-remaniement du gouvernement limité à quelques secrétaires d'Etat pour après le second tour des municipales, a-t-on appris vendredi dans l'entourage du chef de l'Etat.

Des ajustements dans la communication présidentielle sont aussi à l'ordre du jour.

Nicolas Sarkozy l'avait dit avant le premier tour: quel que soit le résultat des municipales et des cantonales, il n'y aura aucun changement de fond dans sa politique. Pas question pour lui de "rythmer" son quinquennat en fonction d'élections locales qui ne mettent pas en cause sa légitimité. Mais il a aussi promis cette semaine de "tenir compte" des résultats de dimanche, qui risquent d'être défavorables à la droite.

Dans un entretien publié le 6 mars par "Le Figaro", le chef de l'Etat avait exclu un renouvellement "en profondeur" de l'équipe gouvernementale avant début 2009. Motif invoqué, la présidence française de l'Union européenne au second semestre nécessite des ministres expérimentés qui maîtrisent leurs dossiers.

C'est donc un changement limité dans l'équipe gouvernementale que prépare M. Sarkozy pour le début de la semaine prochaine, mardi en principe. Un proche de l'Elysée parle de "léger remaniement".

Aucun ministre ne sera renvoyé, selon l'entourage du chef de l'Etat. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Christian Estrosi, qui a annoncé son intention de quitter le gouvernement s'il est élu maire de Nice, devra alors être remplacé. Deux ou trois nouveaux postes de secrétaires d'Etat à l'Aménagement du territoire, à l'Industrie et à l'Economie numérique seraient par ailleurs créés, ainsi qu'un Haut commissariat pour le Grand Paris.

Nicolas Sarkozy procédera aussi, en principe dès lundi, à des changements parmi ses conseillers. Le porte-parole de l'Elysée David Martinon, en disgrâce depuis son lâchage en pleine campagne municipale à Neuilly-sur-Seine, est sur le départ. Il pourrait partir pour New York comme consul général de France. Mais les principaux conseillers, dont les interventions médiatiques irritent tant la majorité, devraient rester en place, à commencer par le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant.

A Bruxelles vendredi, M. Sarkozy a confirmé que sa "plume" Henri Guaino continuerait de s'occuper du projet d'Union pour la Méditerranée, au côté du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet.

Le départ de M. Martinon sera l'occasion de ce que l'Elysée appelle un "ajustement" dans la politique de communication présidentielle. Nicolas Sarkozy pourrait revenir à l'organisation traditionnelle: un porte-parole dédié à la politique internationale et un service de presse s'occupant des questions intérieures.

"Il y aura une inflexion à la marge sur la présentation, la méthode et le comportement des uns et des autres", dit un proche de M. Sarkozy.

L'ajustement concernera au premier chef le président lui-même. Au risque de se "chiraquiser", Nicolas Sarkozy, dont le côté "bling-bling" dénoncé dans la presse n'est pas pour rien dans sa chute de ces derniers mois dans les sondages, devrait revenir aux fondamentaux du style présidentiel plus solennel auquel sont habitués les Français. Il a déjà commencé: son intervention télévisée du 10 février dernier sur le traité de Lisbonne, qui avait fait "pschitt" en raison de l'affaire de Neuilly, était une première tentative.

M. Sarkozy va consacrer ses deux déplacements prévus la semaine prochaine à des sujets présidentiels. Il se rendra mardi sur le plateau des Glières (Haute-Savoie), haut lieu de la Résistance qu'il a décidé d'honorer chaque année. Vendredi, il ira à Cherbourg (Manche) pour assister à la mise à l'eau du "Terrible", quatrième sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) de la nouvelle génération.

A Bruxelles vendredi, le chef de l'Etat a refusé de s'exprimer sur ces changements: "on est vendredi, dimanche arrive, lundi aussi. Il sera toujours temps de parler de ça après". AP

egp-co/sb




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