Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


PARIS - dimanche 16 mars 2008 à 21h55

Vague rose aux élections municipales



Les Français adressent un deuxième avertissement en une semaine à Nicolas Sarkozy. La gauche a remporté une large victoire dimanche au second tour des élections municipales, selon les estimations des instituts de sondage et les premiers résultats officiels.

Toulouse, Périgueux, Strasbourg, Amiens, Caen, Reims, Metz, Saint-Etienne ou Evreux basculent à gauche. L'UMP sauverait de justesse Marseille. François Bayrou (MoDem) a perdu à Pau.

Ce second tour a amplifié la vague rose enregistrée dimanche dernier. Selon un sondage CSA-Dexia pour "Europe-1", "Le Parisien-Aujourd'hui en France" et I-Télé, 49,5% des électeurs dans les communes de plus de 3.500 habitants ont voté pour une liste de gauche, 47,5% pour une liste de droite et 3% pour une autre liste. Au premier tour dans les mêmes communes, les électeurs avaient voté à 45,09% pour une liste de droite et 44,73%, pour la gauche.

"La gauche est majoritaire en voix et elle sera majoritaire en nombres de villes et de départements", a réagi sur TF1 le Premier secrétaire du PS François Hollande. Il a appelé le président Nicolas Sarkozy à "corriger la politique qu'il a conduite depuis maintenant 10 mois".

Un peu plus tard, M. Hollande a affirmé être "au delà" de son objectif de conquérir 30 villes de plus de 20.000 habitants sur la droite. Le PS aurait remporté par ailleurs de sept à neuf départements supplémentaires lors des élections cantonales, portant son total à près de 60 conseils généraux sur 102.

Evoquant un "vote-sanction", Ségolène Royal a appelé le gouvernement "changer sa politique et son comportement", en revenant notamment sur ses réformes fiscales et les franchises médicales. "Au premier tour, c'était un carton jaune, ce soir, c'est un carton rouge", a lâché Laurent Fabius.

François Fillon a d'ores et déjà répondu par la négative, en jugeant "malvenu" de tirer des leçons nationales de ce scrutin local. "La politique de la France, les électeurs l'ont majoritairement choisie à l'occasion des élections présidentielle et législatives" et "nous allons poursuivre cette politique", a répliqué le Premier ministre dans une intervention à 20h20 depuis Matignon.

Les responsables de l'UMP estiment que ces élections marquent simplement un rééquilibrage par rapport aux élections de 2001. La droite avait alors conquis 40 villes sur la gauche.

Mais d'autres à droite ont reconnu la défaite, à l'image de Jean-François Copé. Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, interrogé sur TF1, a parlé d'une "conjugaison des impatients et des mécontents".

Les résultats dans les grandes villes confirment la poussée à gauche. Un membre du gouvernement a mordu la poussière. Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos a perdu sa mairie de Périgueux (Dordogne) pour 113 voix face au socialiste Michel Moyrand. Jean-Marie Bockel est réélu d'une courte tête à Mulhouse.

Pierre Cohen (PS) l'emporte à Toulouse, quatrième ville de France, gérée par le centre-droit depuis 1971. Metz bascule à gauche pour la première fois depuis 1848: Dominique Gros (PS) succède à Jean-Marie Rausch, maire depuis 1971.

Strasbourg, perdu en 2001, revient à gauche avec l'élection de Roland Ries (PS) face à Fabienne Keller. A Amiens, l'ancien ministre Gilles de Robien, maire depuis 1989, est sèchement battu par le socialiste Gilles Demailly. A Caen, le socialiste Philippe Duron, président du conseil régional de Basse-Normandie, l'a emporté largement sur la maire sortante UMP Brigitte Le Brethon. A Reims, la socialiste Adeline Hazan bat facilement l'ancienne ministre Catherine Vautrin.

L'UMP n'est pas parvenue à conquérir Angers, une des rares villes que le parti de Nicolas Sarkozy espérait faire basculer.

Consolation pour l'UMP, son vice-président Jean-Claude Gaudin serait réélu de justesse à Marseille grâce au maintien à droite du troisième secteur.

François Bayrou a quant à lui perdu son pari à Pau. Le président du MoDem a été battu de 342 voix par la socialiste Martine Lignières-Cassou. "Il y aura d'autres victoires", a lancé le "troisième homme" de 2007, qui compte bien être au rendez-vous de 2012.

Ce second tour a été marqué par une participation en baisse par rapport à dimanche dernier: l'abstention pourrait atteindre 35%, selon les estimations des instituts de sondage. Au premier tour dimanche dernier, seulement 66,54% des Français s'étaient rendus aux urnes, soit le taux le plus faible pour des élections municipales sous la Ve République.

Aux municipales de 2001, le taux de participation définitif avait atteint 66% au second tour, selon des chiffres du ministère de l'Intérieur. AP

egp/sb