Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Le Parti socialiste, revigoré par sa victoire aux municipales, a entériné mardi le calendrier de son congrès lors d'un conseil national qui s'est déroulé dans une ambiance relativement consensuelle malgré les rivalités personnelles.
Le congrès se tiendra à la date normale du 7 au 9 novembre, comme le souhaitait François Hollande. Il sera précédé d'une convention nationale le 14 juin pour adopter une nouvelle déclaration de principes et une modification des règles de fonctionnement du parti. Ce calendrier en deux temps a été adopté à une quasi-unanimité, avec seulement une voix contre et 11 abstentions.
"Savourer": tel était le mot d'ordre de cette réunion post-victoire du "Parlement" socialiste dans un hôtel parisien, en présence de tous les prétendants à la succession de François Hollande: Ségolène Royal, Bertrand Delanoë ou encore Martine Aubry. Pendant quatre heures, les noms des 51 villes de plus de 20.000 habitants et des huit départements conquis sur la droite ont défilé sur l'écran placé derrière la tribune. Nouveau maire de Toulouse, Pierre Cohen a été applaudi debout.
François Hollande, qui partira sur un succès après 11 années très contrastées à la tête du PS, a justifié sa décision de maintenir le congrès à la date normale de l'automne, contrairement à ce que souhaitaient les partisans de Ségolène Royal, qui prônaient une anticipation.
"Il ne s'agit pas de gagner du temps, il s'agit d'être à la hauteur de la confiance qui nous a été accordée", a expliqué le Premier secrétaire. "Nous devons tout faire dans ces trois ou quatre mois pour mener notre travail d'opposition, faire des propositions et poursuivre notre rénovation."
François Hollande a invité ses successeurs à faire de cette période intermédiaire jusqu'à la convention du 14 juin "une phase de travail collectif". Pour ce faire, il a annoncé la création d'un "conseil des territoires" pour coordonner les politiques des villes, départements et régions socialistes, ainsi que de trois groupes de travail sur les retraites et la protection sociale, la fonction publique et la réforme de l'Etat, et la présidence française de l'Union européenne.
Objectif: éviter que le PS ne refasse l'erreur commise après les élections régionales de 2004 en s'endormant sur ses lauriers. "Il va falloir non pas simplement bien gérer notre victoire, il va falloir bien organiser la prochaine", a rappelé en expert le Premier secrétaire.
Les ténors du PS, qui se sont succédé à la tribune à l'exception de Ségolène Royal, partie sans dire un mot, ont approuvé ce calendrier, non sans quelques piques qui ont donné un avant-goût des joutes à venir.
Bertrand Delanoë a ainsi mis en garde contre la tentation de l'alliance avec le centre prônée par Mme Royal. "Si le centre est à la fois à droite et à gauche, envisager quelques perspectives avec lui reviendrait à nous mentir d'abord à nous-mêmes", a taclé le maire de Paris, applaudi par les cadres du PS.
Sans citer le nom de sa rivale, il a insisté sur la nécessité de "se différencier" sans "se diviser" lors du congrès, "loin des postures, des regards rivés sur les sondages ou des recettes de marketing politique".
Martine Aubry, revenue au premier plan depuis sa large réélection à Lille, a plaidé de son côté pour un congrès qui "n'occulte pas les questions de fond sous prétexte de maintenir l'unité". "L'unité des socialistes doit se faire sur le fond et sur les valeurs communes", a estimé l'ancienne ministre de l'Emploi. Dans un tacle à Ségolène Royal, elle a déploré que ce travail collectif ait manqué dans la période récente.
Ceux qui ne se reconnaissent ni dans Ségolène Royal, ni dans Bertrand Delanoë ont partagé ce souhait d'un congrès sur le fond. Chef de file des reconstructeurs, le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis a souhaité que le congrès réponde aux questions auxquelles sont confrontés les Français.
Au nom de l'aile gauche, Henri Emmanuelli a plaidé pour un congrès de "cohérence". "On ne peut pas commencer à chercher le fruit avant d'avoir planté l'arbre", a lancé le député des Landes. AP
egp/jp
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|