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Le Premier ministre François Fillon s'est engagé lundi envers le monde rural, demandant que le "redéploiement" des services publics prévu dans le cadre de la réforme de l'Etat, et en particulier la réorganisation de l'hôpital, ne se fasse pas au détriment des campagnes "les plus fragiles".
"Il faut à tous égards permettre à la population rurale de jouir de services comparables à ceux des zones urbaines", s'est engagé le chef du gouvernement, qui s'exprimait depuis le village d'Ervy-le-Chatel au terme d'une visite dans une zone rurale de l'Aube.
Et si "un redéploiement des services publics en milieu rural" est nécessaire, il "ne doit pas accabler les zones les plus fragiles, les plus éprouvées", a-t-il demandé. Devant le secrétaire d'Etat chargé de l'Aménagement du territoire Hubert Falco, il a encore invité les services de l'Etat à "prendre les plus grandes précautions pour ne pas imposer à ces zones un cumul d'épreuves injuste".
Deux jours avant la publication du rapport de Gérard Larcher sur la réorganisation de l'hôpital, le Premier ministre a marqué son attachement aux établissements ruraux. "Si des services hospitaliers devaient être fermés pour des raisons liées à l'évolution technologique, à l'évolution scientifique de notre médecine, il serait indispensable de maîtriser au plus juste l'impact de leur disparition", a-t-il mis en garde.
François Fillon a également annoncé que les incitations financières permettant d'attirer les médecins dans les zones rurales "vont encore être renforcés", par des dispositions inclues "dans un projet de loi pour l'accès aux soins dès cet automne". Ce projet de loi de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot était initialement prévu "d'ici l'été", mais ne figure pas au programme de l'actuelle session parlementaire.
Le Premier ministre, qui avait choisi de s'exprimer depuis une petite médiathèque publique, a aussi défendu la notion de "continuité culturelle". Sur ce point, il a rappelé que la France n'était "pas encore parvenue" à généraliser l'accès au haut débit dans les campagnes, alors qu'elle s'était engagée à le faire pour la fin de l'année dernière.
Enfin, M. Fillon a abordé les problèmes agricoles, pour rappeler que "la France défend son agriculture" et s'engager à "accompagner de très près le développement de ce secteur". Paris, qui présidera l'Union européenne au second semestre, entend notamment utiliser les discussions sur la PAC pour promouvoir des systèmes d'assurance pour faire face aux crises, a-t-il rappelé.
Dans l'immédiat, il a annoncé aux éleveurs une nouvelle aide de six millions d'euros pour répondre à la crise provoquée par la fièvre catarrhale. Selon le ministère de l'Agriculture, cinq millions sont destinés aux éleveurs des jeunes bovins qui ne peuvent plus être exportés vers l'Italie et un million pour l'engraissement. Mi-février, Michel Barnier avait déjà déclenché une aide de 17 millions d'euros, dont dix pour financer la vaccination des troupeaux. AP
lp/cov/mw
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