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Les dépenses sociales "ne peuvent continuer ainsi à alimenter le déficit et la dette", a averti mardi le président Nicolas Sarkozy, qui s'en est pris en premier lieu au projet de Revenu de solidarité active (RSA) défendu par Martin Hirsch.
"Quant aux politiques sociales, elles ne peuvent continuer ainsi à alimenter le déficit et la dette", a déclaré le président de la République depuis la préfecture de Cahors (Lot). "Transmettre à nos enfants la facture de nos dépenses de santé et de retraite, via la dette (...), c'est profondément immoral".
"Nous reviendrons à l'équilibre de nos régimes sociaux, là encore par la réforme", a-t-il martelé.
Dans ce cadre, Nicolas Sarkozy a prévenu que le RSA, actuellement en discussion avant une généralisation prévue début 2009, devrait être "calibré en fonction des disponibilités financières qui sont les nôtres".
La semaine passée, François Fillon avait qualifié le projet de "coûteux", expliquant que c'était un "inconvénient". Une source gouvernementale, citée mardi par "Le Figaro", affirme qu'il ne faut pas que le RSA coûte plus d'un million d'euros, contre deux à trois dans la version actuelle du projet.
"La négociation doit porter non seulement sur le coût du RSA, mais aussi sur la manière dont on le finance", déclare Martin Hirsch dans un entretien au "Pèlerin". Le Haut commissaire aux Solidarités actives prévient qu'il ne fera pas sa réforme "au rabais". "Ce qui ne peut, à mes yeux, être remis en cause, ce sont les principes du RSA et sa contribution à la réduction de la pauvreté", explique M. Hirsch.
L'objectif du RSA, actuellement expérimenté dans près de trente départements, est de garantir à une personne qui reprend une activité de ne pas subir une perte de revenus du fait de la fin de certaines prestations sociales. Il pourrait bénéficier à environ cinq millions de personnes et ambitionne de permettre une réduction de 15% de la pauvreté en France.
Après la publication, il y a un mois, d'un "livre vert" sur la question, l'heure est aux consultations, avant la finalisation d'un projet de loi que le gouvernement prévoit de déposer à l'automne.
Le projet aura des "conséquences" sur d'autres aides sociales et notamment sur la prime pour l'emploi, a également noté le chef de l'Etat, reprenant des objections avancées par plusieurs représentants de la majorité.
Une réunion avec le Premier ministre et Martin Hirsch devrait aborder ces questions "et il y a pas de raison qu'on ne trouve pas un accord".
Cette réforme ainsi que celle de la fusion des minima sociaux "sont des engagements que j'ai pris et que je tiendrai", a toutefois insisté le président de la République. AP
lp/cov/mw/ljg
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