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actu & culture


CAHORS, Lot - mardi 08 avril 2008 à 15h15

Nicolas Sarkozy demande aux collectivités locales de se réformer


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L'Etat "ne peut pas être le seul à se réformer", a lancé mardi Nicolas Sarkozy, venu saluer l'organisation expérimentale de l'administration du Lot et inviter les collectivités locales à se réorganiser.

"L'Etat donnera l'exemple de la réforme. Il ne peut pas être le seul à se réformer. Je pense ici aux collectivités locales", a déclaré le président de la République, qui a été accueilli à Cahors par des huées et par une manifestation de plusieurs centaines de personnes à quelques dizaines de mètres de la préfecture. Des forces de l'ordre en grand nombre étaient mobilisées pour assurer la sécurité des lieux.

Le chef de l'Etat s'est exprimé depuis la préfecture du Lot, qui expérimente depuis un an une nouvelle organisation des services permettant de faire d'importantes économies budgétaires. Devant les fonctionnaires réunis en préfecture, il a salué "une expérience absolument remarquable" et énuméré les avantages de la réorganisation engagée par la préfecture, qui se traduit par le regroupement de la douzaine de directions départementales habituelles en trois directions.

"Ici, on a fait une expérience qui va essaimer dans la France entière", a lancé Nicolas Sarkozy. "Nous nous venons de décider que votre organisation dans ce département du Lot, on va la généraliser dans la région Midi-Pyrénées", a-t-il annoncé. Avant de rappeler que le regroupement des directions administratives était engagé au niveau régional, dans le cadre de la réforme de l'Etat.

Le président a par ailleurs plaidé pour que cette réforme s'adapte aux réalités de terrain, parce que l'administration ne doit pas travailler de la même façon dans les zones rurales et en ville.

En revanche, il a prévenu les collectivités locales qu'elles ne pourront compter sur des ressources accrues venant de l'Etat. "Globalement, les concours que l'Etat vous apporte n'augmenteront pas plus vite que les dépenses que le gouvernement consacre à ses politiques: l'école, la recherche, la solidarité, la défense", a-t-il prévenu.

Il a également rappelé que la réforme de l'Etat se traduirait, dans tout le pays, par des fermetures, qui concerneront notamment les bases militaires, les hôpitaux ou encore les tribunaux. La question des services publics en milieu rural est "un sujet difficile et absolument capital", a-t-il dit, mettant en avant la qualité médiocre de certains services qui assurent une présence dans les plus petites villes avec "un demi-agent" ou en ouvrant "un jour sur cinq".

Insistant sur la question des bases militaires, le président de la République a affirmé qu'une "bonne moitié" de la cinquantaine de bases aériennes françaises "n'ont plus vu un seul avion depuis vingt ans". "Convenons qu'une base aérienne sans avion, ça pose problème".

"Il va bien falloir qu'on fasse quelque chose", a lancé le président. Sans parler explicitement de fermetures de services publics, il a reconnu "les conséquences sur le commerce". "Telle ville qui a un problème avec sa garnison, on doit lui garantir son tribunal, ou (celle) qui a un problème avec son hôpital, on doit lui garantir sa sous-préfecture", a-t-il souhaité. AP

lp/cov/mw