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Psychodrame Kosciusko-Morizet, cacophonie sur la carte "famille nombreuse", déclarations contradictoires sur le Tibet: Nicolas Sarkozy doit reprendre la main après les nombreux couacs gouvernementaux de ces derniers jours.
Une intervention télévisée du chef de l'Etat est à l'ordre du jour.
Près d'un an après son élection, Nicolas Sarkozy est toujours à la recherche de la bonne organisation. Moins omniprésent depuis la défaite de l'UMP aux municipales, le chef de l'Etat, soucieux de se "présidentialiser", laisse davantage ses ministres en première ligne. Cette relative discrétion lui a permis d'enrayer sa chute dans les sondages, mais elle laisse la cacophonie s'installer dès qu'un sujet divise le gouvernement.
La semaine qui vient de s'écouler en a donné une parfaite illustration. On a d'abord assisté le week-end dernier aux déclarations contradictoires de Rama Yade sur l'éventuel boycott par la France de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin. La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme a posé trois "conditions" à la venue de Nicolas Sarkozy, puis est revenue sur ses propos.
La journée de mercredi a été dominée par "l'affaire" Nathalie Kosciusko-Morizet, qui dénonçait dans "Le Monde" le "concours de lâcheté et d'inélégance" entre le président du groupe UMP Jean-François Copé et son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo dans le débat sur le projet de loi relatif aux OGM. Sommée par François Fillon de s'excuser ou de démissionner, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie a choisi la première option. "NKM" en a gagné une forte popularité -78% des Français lui donnent raison, selon un sondage Ifop pour le "Journal du dimanche"-, mais l'affaire a laissé une fâcheuse impression.
Vendredi, Nicolas Sarkozy a dû intervenir pour mettre fin à la cacophonie gouvernementale autour de la menace de suppression de la carte "famille nombreuse", finalement maintenue.
Ces incidents ont tous mis en évidence l'exaspération croissante de la majorité. Tout au long du week-end, des voix ont continué à s'élever à l'UMP pour appeler à davantage de jeu collectif.
Claude Goasguen s'est fait le porte-parole de ce "profond malaise" dans le "JDD". "Les députés ne veulent plus être traités comme de simples bulletins de vote", lâche le député de Paris, qui rapporte que beaucoup de ses collègues "ont le sentiment que le volontarisme de Sarkozy s'étiole" et prédit "de nouveaux couacs" sur l'ouverture des magasins le dimanche, le revenu de solidarité active (RSA), la loi sur le Grenelle de l'environnement ou les restructurations de l'armée et des hôpitaux.
Plus mesuré, Jean-François Copé souhaite que les incidents de la semaine dernière incitent la majorité à reformer une "cordée", comme en montagne. "Il faut maintenant probablement changer de cap, essayer de trouver une autre manière de travailler ensemble", a dit le chef de file des députés UMP sur Radio-J. Il plaide pour une "coproduction" des lois entre la majorité et le gouvernement, afin les députés soient associés aux textes en amont.
Pour Patrick Devedjian, le cafouillage de la carte "famille nombreuse" tient à un "problème des délimitations de compétences" au sein du gouvernement.
Nicolas Sarkozy devrait avoir l'occasion de remettre de l'ordre lors d'une intervention prévue le 21 ou le 22 avril sur TF1 et France-2, selon la presse. Cette émission télévisée, qui coïncidera avec le premier anniversaire du premier tour de l'élection présidentielle, lui permettra de dresser lui-même le bilan de sa première année à l'Elysée.
"Le face-à-face entre Sarkozy et l'opinion publique ne pourra pas durer cinq ans. Il faudra bien qu'il y ait un Premier ministre et un Parlement", avertit M. Goasguen. AP
egp/sb
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