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actu & culture


PARIS - mercredi 16 avril 2008 à 13h27

Audiovisuel public: Copé maintient le flou



Jean-François Copé maintient le flou sur le financement de l'audiovisuel public après la suppression de la publicité dans le rapport d'étape de la commission "pour la nouvelle télévision publique" remis mercredi à Nicolas Sarkozy.

Le rapport d'étape de la commission présidée par le patron du groupe UMP à l'Assemblée nationale se contente de préconiser une suppression progressive de la publicité, qui s'étalerait entre 2009 et 2011, et d'évaluer à 150 millions les pertes de recettes publicitaires de France Télévisions en 2008.

Créée à la suite de l'annonce le 8 janvier par Nicolas Sarkozy de la suppression de la publicité sur les écrans des chaînes du service public de la télévision, la commission Copé avance lentement sur ce sujet explosif. Le "rapport de méthode" de 17 pages rendu public mercredi mentionne seulement quelques hypothèses de travail pour bâtir la "télévision publique du XXIe siècle".

Le rapport évoque d'abord le modèle de développement de France Télévisions, qui "doit devenir un 'global-média' présent sur tous les supports: chaînes premium, mais aussi Internet (avec la possibilité de créer des chaînes thématiques), télévision mobile".

Il prône en deuxième lieu "une ambition forte en matière de contenus à travers une identité affirmée de chacune des chaînes". "La suppression de la publicité ne doit pas signifier le renoncement à une ambition majeure en terme d'audience", écrit notamment M. Copé.

Le rapport préconise en troisième lieu une simplification de la gouvernance de l'audiovisuel public par la création d'une "entreprise unique de France Télévisions" au lieu des 49 sociétés existantes.

Sur la suppression de la publicité, il se borne à présenter un calendrier. Partisan d'une "réduction progressive et non brutale", Jean-François Copé propose de la faire coïncider avec le passage au tout numérique, prévu fin 2011. Une première étape "sera envisagée dès 2009".

Le rapport répond à une question urgente, la compensation par l'Etat de la perte de ressources publicitaires de France Télévisions dès 2008. Jean-François Copé évalue à 150 millions la perte de recettes du groupe à la suite de l'annonce de la décision de Nicolas Sarkozy. La commission préconise au gouvernement "qu'un même montant soit versé à France Télévisions, selon un échéancier équivalent à ce qu'auraient été les ressources publicitaires". "Cela conduit à respecter le principe de compensation voulu par le président de la République", estime le rapport.

Mais la question de la compensation à plus long terme de la perte de recettes de France Télévisions, ainsi que celle de l'éventuelle augmentation de la redevance, est renvoyée au rapport définitif prévu pour le 25 juin. "C'est important de ne pas mettre la charrue avant les boeufs", a expliqué M. Copé sur RTL.

Lors d'une conférence de presse, les membres socialistes de la commission ont déploré l'absence de réponse à la "question essentielle" du financement de l'audiovisuel public sans ressources publicitaires à l'horizon 2011. "La réponse essentielle sur le financement de France Télévisions n'est pas apportée", a remarqué le député PS Patrick Bloche, estimant que le rapport "a été écrit pour ne pas fâcher personne".

Les quatre parlementaires socialistes ont précisé qu'ils n'entendaient pas quitter la commission pour autant. "On n'est pas au théâtre. Nous pensons que notre rôle est utile", a dit M. Bloche.

"C'est le black-out total sur les compensations, la certitude d'un financement pérenne", a dénoncé Jean-François Tealdi, secrétaire SNJ-CGT à France Télévisions. "On a l'impression de se faire enfumer".

L'intersyndicale estime à 160 millions d'euros le besoin du groupe pour compenser le manque à gagner en 2008, alors que le gouvernement ne promet que 142 millions d'euros, selon ses calculs. En outre, "on ne sait pas si les 150 millions d'euros promis par le gouvernement seront versés en dotation en capital ou en dotation budgétaire", explique M. Tealdi. Selon lui, le PDG de France Télévisions Patrick de Carolis va demander au gouvernement de pouvoir présenter un compte d'exploitation négatif en 2008. AP

egp/mw




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