Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID : Ok
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


PARIS - mercredi 23 avril 2008 à 18h09

Sarkozy prépare une séance de pédagogie télévisée pour Français réticents



Près d'un an après son élection, Nicolas Sarkozy a choisi de s'exprimer jeudi soir à la télévision pour expliquer son action et tenter de convaincre des Français très critiques à son égard que les résultats promis viendront et qu'ils seront à la hauteur des attentes.

Au plus bas dans les sondages, critiqué sur le pouvoir d'achat et plusieurs des réformes engagées, éclaboussé par une série de couacs au sein du gouvernement et handicapé par les mauvaises nouvelles sur le front de l'économie et de la croissance, le président a lui-même choisi d'anticiper de quelques jours l'anniversaire de son élection le 6 mai dernier.

Il répondra en direct de l'Elysée pendant une heure et demie, aux questions d'une équipe de cinq journalistes emmenée par les présentateurs des journaux télévisés de TF1 Patrick Poivre d'Arvor et de France-2 David Pujadas.

Au cours de cet exercice qu'il affectionne, Nicolas Sarkozy va essayer de "mettre en perspective" son action, c'est-à-dire d'expliquer les réformes engagées et les résultats qu'il en attend, selon l'Elysée. "Nous souhaitons (...) qu'il dépeigne la société française vers laquelle il veut nous conduire", a ajouté le porte-parole de l'UMP Dominique Paillé, un proche du chef de l'Etat.

Tous les thèmes devraient être abordés, les sujets difficiles (la croissance ou la rigueur qu'il est accusé de mettre en oeuvre pour faire face au déficit du budget), comme ceux où les résultats sont meilleurs (le recul du chômage) ou les questions internationales. Il devrait aussi parler du Revenu de solidarité active (RSA) de Martin Hirsch, dont le coût suscite de très fortes réticences dans la majorité et jusqu'au gouvernement.

On ne s'attend pas en revanche à des annonces d'importance au cours de cette émission, baptisée "En direct de l'Elysée". Les échanges seront sous-titrés et traduits en langue des signes.

Nicolas Sarkozy se prépare activement à cette épreuve depuis quelques jours. Son agenda a été allégé pour lui dégager des plages libres qu'il consacre à réviser les fiches commandées à ses conseillers et à affûter ses arguments. Il les déroulera dans un décor simple: trois bureaux installés sur un plancher de verre, dans la grande salle des fêtes du palais de l'Elysée.

Alors que le bilan de la première année du quinquennat est jugé insuffisant, convaincre s'annonce difficile. La popularité du président stagne à des niveaux très bas depuis plusieurs mois et les enquêtes d'opinion sur son bilan sont féroces: près de six Français sur dix considèrent qu'il s'agit d'un échec et 87% pensent que leur pouvoir d'achat -thème emblématique du candidat Sarkozy- s'est dégradé ou a stagné, selon deux sondages publiés cette semaine.

Ses opposants en ont profité pour enfoncer le clou. Nicolas Sarkozy a "raté" la première année de son mandat, a dénoncé Ségolène Royal. Quant à François Bayrou, il a accusé le président d'avoir pris "les électeurs pour des gogos" en leur faisant croire "qu'il suffirait de dépenser de l'argent, et que cet argent injecté dans l'économie allait faire tout repartir".

"Quand on mène de front beaucoup de réformes, il est évident que cela perturbe un peu", a minimisé Dominique Paillé, qui préfère voir dans les mauvais sondages la traduction d'une "profonde impatience à mesurer les résultats des réformes". L'UMP a d'ailleurs choisi d'accompagner ce premier anniversaire d'une vaste offensive de communication sur le thème "un an de réformes, un an de promesses tenues". AP

lp/mw