Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Quelques timides mea culpa, mais pas question de renoncer à aucune de ses réformes: un an après son élection, Nicolas Sarkozy s'est livré jeudi soir sur TF1 et France-2 à une longue séance d'explication pour convaincre du bien-fondé de son action les Français mécontents de son bilan.
Le mot "erreur" ne figure habituellement pas dans le vocabulaire de Nicolas Sarkozy dès qu'il parle de lui-même. Jeudi soir, il l'a prononcé cinq fois en 1h40. "Sans doute on n'a pas assez expliqué. Sans doute j'ai fait des erreurs", a reconnu d'emblée le président.
Les Français sont mécontents de son bilan, selon les sondages? "A partir du moment où ils sont déconcertés, j'en ai une part de responsabilité", a répondu M. Sarkozy.
Le chef de l'Etat a admis avoir commis une "erreur de communication totale" sur le paquet fiscal voté l'été dernier, perçu comme un cadeau aux plus aisés.
"Erreur", encore, avec l'annonce de la fin du financement de l'Etat pour la carte famille nombreuse de la SNCF. "Quand je m'en suis aperçu, je l'ai corrigée immédiatement", s'est défendu M. Sarkozy.
L'hôte de l'Elysée a aussi reconnu "des couacs" dans les déclarations contradictoires des membres du gouvernement, attribués à la jeunesse de certains d'entre eux. Mais il a maintenu sa confiance à François Fillon, "un bon Premier ministre", et au gouvernement.
S'il a battu sa coulpe, M. Sarkozy n'en a pas moins maintenu l'intégralité de sa politique sur le fond. Avec un leitmotiv: dans un monde qui change, la France, qui n'a pas évolué "au même rythme" ces 30 dernières années, doit s'adapter pour rester "en 1ère division". "Je vois très bien les mécontentements, mais je sais où je vais. Je sais très bien qu'il n'y a pas d'autre stratégie", a-t-il lancé. "La déception serait encore plus grande (...) si j'arrêtais parce que les lycéens, les syndicats ne sont pas contents".
Le chef de l'Etat a écarté les conseils de dirigeants de la majorité qui le pressent de hiérarchiser les "55 réformes" lancées depuis un an au lieu de les conduire toutes en même temps. "Nous sommes dans une société complexe où chaque réforme tient l'autre", a-t-il expliqué, multipliant les exemples concrets. Le ralentissement économique mondial constitue une "raison de plus pour accélérer", selon lui. Pour le reste, "je ne peux pas faire tout tout de suite", a-t-il répondu aux impatients.
Dans un effort de pédagogie, M. Sarkozy s'est longuement expliqué sur son incapacité à tenir ses promesses sur le pouvoir d'achat, au coeur de son impopularité. La défiscalisation des heures supplémentaires représente "5,5 milliards de pouvoir d'achat" pour "cinq millions de salariés", a-t-il fait valoir.
Interrogé sur une éventuelle action de l'Etat pour aider les consommateurs à faire face à la forte hausse du prix du gaz, il a éludé: "On ne peut pas subventionner tout le monde".
Le chef de l'Etat est resté droit dans ses bottes sur toutes les réformes, des retraites à l'éducation en passant par le marché du travail. Alors que les suppressions de postes dans l'Education qui suscitent un mouvement d'opposition chez les lycéens et les enseignants, il a exclu de revenir dessus, malgré les inquiétudes des jeunes. "Quand on est jeune, forcément on est inquiet", a-t-il philosophé.
L'ancien ministre de l'Intérieur est resté fidèle à son discours de fermeté sur le dossier des travailleurs sans-papiers, excluant à nouveau toute régularisation globale et apportant son soutien à son ami Brice Hortefeux. "On ne devient pas français uniquement parce qu'on a un travail dans la cuisine d'un restaurant", a-t-il lâché.
Cet exercice de pédagogie n'a donné lieu à aucune annonce spectaculaire. Le président a juste confirmé que le revenu de solidarité active (RSA) "se fera" en 2009 malgré les économies budgétaires.
L'objectif de Nicolas Sarkozy, qui tente depuis la défaite de la droite aux municipales de se "présidentialiser", était de convaincre les Français que "tout est rentré en ordre" dans le style, y compris dans sa vie privée. "J'ai essayé de tirer les conséquences de tout cela; je pense qu'aujourd'hui les choses sont en ordre", a-t-il estimé en fin d'émission.
"Au sortir de cette prestation, les Français n'auront reçu aucun signal de nature à leur redonner confiance", a réagi le Parti socialiste. AP
egp/mw
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|