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actu & culture


PARIS - lundi 28 avril 2008 à 17h36

Le gouvernement promet du pouvoir d'achat grâce à la concurrence



Confronté à une impatience toujours plus forte sur la question du pouvoir d'achat, le gouvernement mise sur le développement des magasins de hard-discount et sur une concurrence plus forte dans le commerce pour obtenir une baisse des prix, qui profitera aux consommateurs sans pour autant avoir à puiser dans les caisses de l'Etat.

Grâce à la loi de modernisation de l'Economie, "une baisse de 1,6% des prix est envisageable" et on peut même "imaginer une baisse plus importante" pour les produits alimentaires, a affirmé Luc Chatel après l'adoption, lundi en conseil des ministres, du projet de loi présenté par la ministre de l'Economie Christine Lagarde. Le groupe de distribution Système U a estimé pouvoir faire baisser les prix de "3% en moyenne" sur un millier de produits.

L'ensemble de ce projet de loi, qui porte aussi sur le développement des plus petites entreprises, la généralisation du Livret A à toutes les banques ou la création de nouvelles périodes de soldes, doit booster la croissance (+0,3% par an) et permettre de créer 50.000 emplois par an pendant cinq ans pour un coût limité à 300 millions d'euros, a ajouté Mme Lagarde.

Le projet s'inspire largement de plusieurs propositions importantes du rapport Attali, qui a suscité des réserves au sein de l'UMP, et devrait donc provoquer un débat serré à l'Assemblée, d'autant que le gouvernement a promis aux députés UMP de les laisser "coproduire" la loi. Le président UMP de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale Patrick Ollier a déjà alerté dimanche sur les réticences qui s'expriment au sujet des deux mesures-phare du texte.

Christine Lagarde et son secrétaire d'Etat à la Consommation Luc Chatel, affirment, exemples frappants à l'appui, que le manque de concurrence dans le commerce entraîne des prix plus élevés en France qu'ailleurs. Ainsi, le pot de 400g de pâte chocolatée à tartiner serait vendu deux fois plus cher en France qu'en Allemagne, selon Mme Lagarde.

Pour répondre à cette situation, le gouvernement entend d'abord attiser la concurrence entre les chaînes de distribution, en levant la plupart des autorisations aujourd'hui nécessaires à l'implantation des grandes surfaces entre 300m2 et 1.000m2. Pour répondre à l'inquiétude de certains élus locaux, ce seuil pourrait être revu lors du débat parlementaire, a expliqué à l'Associated Press le rapporteur du texte Jean-Paul Charrié. "Le problème, ce n'est pas la taille. Ce qu'on veut, c'est qu'un certain format de commerce -le hard-discount- puisse se développer facilement".

Par ailleurs la loi doit permettre aux producteurs et aux distributeurs de négocier totalement les prix, ce qui complétera l'évolution engagée par la réforme des marges arrières de la loi Chatel tout juste entrée en application. Cette perspective est saluée par la grande distribution qui promet des baisses de prix importantes, mais est accueillie avec beaucoup d'inquiétude par les producteurs qui craignent, eux, de se retrouver en position de faiblesse dans les négociations.

"Ce texte donne les clés de nos entreprises à la grande distribution", s'alarment de concert la CGPME, la FNSEA et les industriels de l'agroalimentaire. Anticipant cette inquiétude, le projet prévoit de transformer le Conseil de la concurrence en haute autorité, avec des pouvoirs d'enquête et de sanction accrus.

La loi devrait également modifier l'organisation des soldes en ramenant les deux périodes fixes (été/hiver) de six à cinq semaines, tout en octroyant aux commerçants la possibilité de fixer librement, ailleurs dans l'année, les deux semaines ainsi dégagées.

Autre changement spectaculaire, le très populaire Livret A (45 millions de comptes) pourra être commercialisé par toutes les banques et non plus par les seules Caisses d'épargne, Banque postale et Crédit mutuel.

Le second grand volet de la "LME" porte sur le développement des PME. Là, le gouvernement propose de ramener à 60 jours maximum le délai de paiement, de limiter les effets de seuils fiscaux pour les entreprises qui dépassent les dix ou vingt salariés ou d'alléger les obligations administratives. Les entrepreneurs individuels bénéficieront d'une importante simplification du paiement des taxes.

La LME devrait être discutée à l'Assemblée à partir du 27 mai et les sénateurs s'en saisiront au cours de la deuxième quinzaine de juin. Le gouvernement prévoit qu'elle sera définitivement adoptée au début du mois de juillet. AP

lp/mw




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