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Jacques Chirac estime que "moins on touche" aux institutions, "mieux ça vaut".
"Vous le savez, je suis très respectueux des institutions de la Ve République. Moins on les touche, mieux ça vaut. Même s'il est normal d'envisager quelques adaptations, comme j'y ai procédé moi-même", déclare dans "Le Figaro" de vendredi l'ancien président de la République, qui a notamment fait aboutir la réforme du quinquennat. "Je pense cependant qu'il faut être très attentif au respect des principes comme des grands équilibres institutionnels".
Jacques Chirac ne prend pas clairement position sur la réforme des institutions en cours d'examen au Parlement. Il dit "attendre de voir l'état exact du texte au sortir du débat parlementaire" pour se faire "une conviction définitive sur ce point".
Interrogé sur l'amendement adopté par les députés en première lecture qui rétablit l'obligation d'un référendum sur l'éventuelle adhésion de la Turquie dans l'Union européenne, l'ancien président juge "essentiel que les Français se prononcent directement". "C'est ce que j'ai voulu, et c'est ce que permet également l'amendement dont vous me parlez", ajoute-t-il.
M. Chirac avait introduit en 2005 dans la Constitution l'obligation d'un référendum pour les futures adhésions à l'Union européenne. Le projet gouvernemental de réforme des institutions supprimait cette obligation, mais les députés UMP l'ont rétablie en votant un amendement qui stipule que toute adhésion d'un pays dont la population dépasse 5% de celle de l'Union devra être approuvée par référendum.
Lors du vote de la réforme mardi en première lecture, 13 députés UMP, proches de Jacques Chirac et Dominique de Villepin pour la plupart, ont voté contre et cinq se sont abstenus.
Dans cet entretien, le premier à un quotidien depuis son départ de l'Elysée le 16 mai 2007, Jacques Chirac se garde tout commentaire sur son successeur, "un principe et une exigence républicaine", selon lui. "Je n'ai pas vocation à critiquer, ni à donner des conseils à mon successeur", dit-il.
Interrogé sur son déjeuner de mercredi avec Nicolas Sarkozy dans un restaurant thaïlandais du VIIe arrondissement, il parle d'un repas "cordial et intéressant". "Nous sommes convenus que la prochaine fois, c'est moi qui l'inviterai", glisse l'ancien président. AP
egp/mw
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