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actu & culture


PARIS - lundi 16 juin 2008 à 13h17

Morin: "la France doit avoir une défense d'avance"



"La France doit avoir une Défense d'avance", plaide Hervé Morin à la veille de la présentation par Nicolas Sarkozy du Livre blanc sur la Défense, dans une tribune publiée dans "Le Monde" daté de mardi.

Le chef de l'Etat doit présenter mardi devant quelque 3.000 personnels des armées, des forces de sécurité intérieure et de la sécurité civile le nouveau Livre blanc définissant les orientations de la Défense pour les 15 années qui viennent. Il devrait notamment annoncer une réduction des effectifs de la Défense de 54.000 civils et militaires d'ici six ou sept ans.

Le précédent Livre blanc remonte à 1994.

"Nous avons besoin de dégager des marges de manoeuvre pour l'équipement de nos forces (...) Certains de nos équipements sont usés jusqu'à la corde, hélicoptères Puma, avions Transall..., nos bateaux ont près de 21 ans d'âge en moyenne et il nous faudra 2 milliards d'euros supplémentaires pour financer les livraisons à venir", plaide le ministre de la Défense dans "Le Monde".

"Bouger, s'adapter, c'est le prix à payer (...) C'est le prix à payer pour rester crédible", estme-t-il.

"Le contrat opérationnel, arbitré par le président de la République pour l'armée de terre, prévoit une capacité de projeter 30.000 hommes en six mois (contre 50.000 actuellement, NDLR) sur un arc de crise allant de la Mauritanie à l'Afghanistan", précise M. Morin.

Doit s'y ajouter "une capacité supplémentaire de projeter 5.000 hommes sur un autre théâtre et celle de déployer 10.000 hommes sur le théâtre national au titre de la défense du territoire". Dès lors, "faut-il avoir peur d'un déclassement militaire? Certainement pas", affirme-t-il.

Par ailleurs, "nos implantations militaires, trop dispersées, se situent sur plus de 450 communes" et "leur éparpillement génère un coût de soutien considérable", argumente le ministre.

Le Parti socialiste a dénoncé lundi un Livre blanc "totalement piloté de l'Elysée". Les parlementaires socialistes participant à la Commission chargée d'élaborer ce document avaient démissionné début avril. La députée socialiste Patricia Adam a dénoncé par avance lundi la "brutalité des décisions qui seront prises", avec la fermeture annoncée "de nombreux lieux, sites militaires (...) sans aucune concertation avec les territoires concernés".

"Sur ce sujet comme sur d'autres, le Parti socialiste a pratiqué la politique du claquage de portes", a estimé lundi le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre. "Les vrais spécialistes des questions de défense au Parti socialiste et à gauche eux, sont restés dans la commission et ont adopté ce Livre blanc dans le consensus", a-t-il assuré.

co-lp/mw