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François Fillon et dix ministres ont participé vendredi à Meaux (Seine-et-Marne) au premier Comité interministériel des villes, consacré au suivi de son plan "Espoir banlieue". Les différents ministres ont présenté lors de ce CIV l'avancement des mesures promises le 8 février par le président Nicolas Sarkozy, aucune mesure nouvelle n'ayant été annoncée.
Dans le quotidien "Métro", la secrétaire d'Etat à la Politique de la Ville Fadela Amara a indiqué qu'"au moins un milliard d'euros" sera consacré à ce plan. "On ne va pas vous donner un chiffrage nouveau tous les trois mois", s'est agacé le Premier ministre lors de la conférence de presse de clôture du CIV. "On met en oeuvre les engagements qui ont été pris. Ne cherchez pas de crédits supplémentaires".
"J'ai pris l'engagement qu'il n'y aurait pas d'augmentation du volume des dépenses publiques". Dès lors, "tout ce qu'on fait, on le fait par redéploiement" de crédits, a-t-il dit. Ce vendredi, il s'agissait donc de "vérifier (...) que les engagements pris par le président de la République sont tenus".
Quelque 45.000 contrats d'autonomie doivent ainsi être proposés à des jeunes sur trois ans dans 35 départements expérimentaux, a-t-il été confirmé. "Le premier contrat d'autonomie sera signé au tout début du mois de juillet", a affirmé M. Fillon. Quant à l'aide à la création d'entreprises, elle est "déjà opérationnelle". Le gouvernement vise la création de 10.000 entreprises en 2009 et 20.000 par an à partir de 2010.
En matière d'emploi, le mot d'ordre est le "coaching", c'est-à-dire un accompagnement personnalisé des chômeurs et des créateurs d'entreprises, a expliqué François Fillon. "C'est la recette partout dans les pays qui ont réussi à retrouver le plein emploi". Côté sécurité, Mme Amara a annoncé la création de "délégués de cohésion" chargés d'apaiser les tensions entre une partie de la population et la police. Ils seront recrutés parmi les réservistes de la police, a-t-elle dit.
Elle a également confirmé la présence par "redéploiement" dans les quartiers sensibles de 4.000 policiers supplémentaires en trois ans au sein d'unités territoriales de quartier (UTEQ). Les premiers délégués seront nommés "en septembre", a dit M. Fillon. Sur les 100 UTEQ prévues, huit seront "définitivement créées" courant 2008 et 30 en 2009, a-t-il ajouté.
Lors d'une rencontre avec de jeunes créateurs d'entreprise, M. Fillon a écouté le témoignage d'Emilie qui, avec deux enfants à charge, gagne 715 euros par mois grâce à un contrat d'avenir à la SNCF décroché pour deux ans. Mais elle a perdu parallèlement toutes ses allocations. "Cela me permet de travailler et d'être utile, mais après?", a-t-elle lancé.
"C'est pour ça que nous allons mettre en place le Revenu de solidarité active", lui a répondu François Fillon. Le RSA "sera en fonction l'année prochaine".
Pour désenclaver les quartiers difficiles, le plan Espoir Banlieue prévoit de leur réserver 500 millions d'euros sur les crédits prévus pour le développement des transports en commun dans le cadre du Grenelle de l'environnement. Sur cette somme, 220 millions seront consacré à des projets en Ile-de-France, et 260 millions en province.
L'Etat financera à hauteur de 50% les projets en Ile-de-France. Quatre ont été identifiés: le "barreau de Gonesse" (liaison entre RER B et RER D), la "tangentielle nord" entre Sartrouville et Noisy-le-Sec, le débranchement du tramway T4 vers Clichy-sous-Bois et Montfermeil, et le "tram-train" Massy-Evry.
"Le protocole d'accord entre Etat, région Ile-de-France et le STIF est prêt", a affirmé M. Fillon. Par ailleurs, "40 millions d'euros" vont être débloqués, dont 50% par l'Etat, pour améliorer la desserte de bus en Ile-de-France. Car "quand il faut 55 minutes pour attendre un bus le week-end à Clichy c'est inacceptable", a expliqué Jean-Louis Borloo.
Le ministère de l'Education a, lui, débloqué 200 millions d'euros pour développer les "internats d'excellence" ou expérimenter dans 50 quartiers prioritaires le "busing", qui consiste à assurer le transfert en bus d'élèves de CM1 et CM2 de quartiers difficiles vers des écoles "socialement plus hétérogènes".
Le Premier ministre, escorté par Mme Amara ("Regarde! C'est Rachida Dati!", s'est exclamée une habitante de Meaux à son passage) et la ministre du Logement Christine Boutin, a parcouru dans la matinée le chantier de rénovation du quartier de Beauval, à Meaux, dont le député-maire est Jean-François Copé, patron du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Alors que nombre d'élus de gauche de quartiers difficiles dénoncent le manque de moyens, M. Copé a concédé: "C'est vrai que j'ai la chance de bien connaître les bons interlocuteurs. Mais il faut pas se tromper: ça suffit pas. Il fallait derrière un projet".
Le prochain CIV se tiendra à l'automne. AP
co/cov/mw
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