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actu & culture


PARIS - mercredi 25 juin 2008 à 16h24

Aubry entend se positionner "au centre" du débat socialiste



Martine Aubry veut se placer "au centre" du débat socialiste. Après Laurent Fabius, la maire de Lille, chef de file pressentie par les "reconstructeurs", a présenté mercredi sa contribution pour le congrès du PS, intitulée "une vision pour espérer, une volonté pour transformer".

L'ancienne ministre de l'Emploi avait choisi le lieu symbolique du Café rouge dans le IIIe arrondissement de Paris. L'endroit-même où Bertrand Delanoë avait présenté son projet en janvier dernier pour son second mandat comme maire de la capitale.

Martine Aubry était entourée de ses premiers soutiens, élus de sa région pour la majorité d'entre eux, dont Jack Lang et Pierre Mauroy. Le Nord-Pas-de-Calais est "la région qui connaît le mieux le socialisme", selon elle. Mais aussi les deux premières fédérations du PS, incontournables dans tout congrès socialiste.

Sa contribution, longue de 54 pages -le double du maximum admis par le PS-, reprend les grands fondamentaux du PS. "Ce que nous voulons, ce n'est pas un marché", attaque le texte. Convaincue que "la France n'est pas devenue à droite" du fait de l'élection de Nicolas Sarkozy, Mme Aubry prône "une société d'autonomie, de responsabilité et de solidarité", adaptée aux enjeux du XXIe siècle. Pour ce faire, elle entend "repenser en profondeur" le modèle social français.

Dans cet esprit, la "dame des 35 heures" propose de "repenser le temps de travail sur toute la vie professionnelle" pour permettre aux salariés de reprendre des études, de s'occuper de leurs enfants et parents ou de se consacrer à un engagement associatif. "Les 35 heures, c'est une mesure moderne", a lancé l'ancienne ministre de l'Emploi en citant le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz.

Martine Aubry souhaite aussi la création d'une "véritable Sécurité sociale professionnelle", où chaque citoyen serait doté dès sa majorité d'un compte-formation régulièrement alimenté au cours de sa vie professionnelle, et d'un "crédit-étude" pour ses études supérieures.

Au chapitre école, la maire de Lille propose une individualisation des parcours pédagogiques et des parcours scolaires, ainsi que l'école obligatoire dès l'âge de trois ans, au lieu de six.

Ces nouveaux droits s'accompagneraient de nouveaux devoirs. Mme Aubry souhaite notamment que chaque jeune consacre un millier d'heures à des tâches d'intérêt général, comme à Lille où ils s'occupent de la propreté des squares.

L'ancienne ministre de l'Emploi, dont la mésentente avec Ségolène Royal est notoire, a taclé le concept "d'ordre juste" de sa rivale: "il n'y a pas d'ordre sans justice", a-t-elle répliqué.

La maire de Lille a aussi affiché son refus de toute alliance nationale avec le MoDem de François Bayrou, sauf si celui-ci condamne la politique de Nicolas Sarkozy, accepte le projet du PS et son alliance avec les autres composantes de la gauche. Des conditions réunies dans sa ville mais pas au plan national.

Favorable à l'émergence d'une majorité "la plus large possible" au PS, Mme Aubry a préparé le terrain à une alliance avec Laurent Fabius, qui fait partie comme elle du pôle des "reconstructeurs" de ceux qui ne veulent ni de Ségolène Royal, ni de Bertrand Delanoë. Ainsi, sur l'Europe, elle s'est prononcée comme l'ancien Premier ministre pour un changement des statut de la Banque centrale européenne pour ajouter la croissance et l'emploi à ses objectifs.

Elle a refusé, là encore à l'image de M. Fabius, la "présidentialisation" du PS. "Beaucoup ont des idées sur le bon candidat en 2012. Moi personnellement je n'ai pas d'idée", a glissé celle qui est pourtant citée parmi les présidentiables depuis sa réélection confortable à Lille. AP

egp/mw