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actu & culture


PARIS/QUEBEC - vendredi 04 juillet 2008 à 19h07

Polémique après les propos de Royal sur la libération d'Ingrid Betancourt


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La polémique était vive vendredi en France au lendemain des déclarations de Ségolène Royal qui a estimé que Nicolas Sarkozy n'a joué aucun rôle dans la libération d'Ingrid Betancourt. Jean-Pierre Raffarin a dénoncé "une polémique secondaire digne de politicien secondaire", tandis que le Premier ministre François Fillon a parlé de "faute" et de "polémique regrettable" et Jack Lang de "rare mesquinerie".

Ségolène Royal et Jean-Pierre Raffarin, tout comme Alain Juppé ou encore François Hollande, se trouvaient au Canada pour les cérémonies du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec auxquelles a participé également M. Fillon.

Prenant délibérément le contre-pied des déclarations de Bertrand Delanoë ou encore François Hollande à propos de la libération d'Ingrid Betancourt et de 14 autres otages en Colombie, Ségolène Royal a souligné qu'elle ne souhaitait "ni polémique ni récupération politique", avant d'ajouter toutefois: "en l'occurrence, Nicolas Sarkozy n'a été absolument pour rien dans cette libération".

La présidente de la région Poitou-Charentes a déclaré: "Tout le monde le sait, c'est une opération colombienne rondement menée, qui a bien marché, qui prouve que les négociations avec les FARC étaient quand même inutiles et n'avaient débouché sur rien. Je pense aussi que la désorganisation des FARC a permis la réussite de cette opération militaire".

L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle s'est félicitée "qu'il y ait aujourd'hui un rassemblement national autour de cette libération mais (...) les récupérations politiques seraient complètement décalées" puisque "en l'occurrence Nicolas Sarkozy n'a été absolument pour rien dans cette libération".

Revenant vendredi sur ces propos, M. Fillon y a vu "une faute" qui "a d'ailleurs été saluée comme telle par l'ensemble du monde politique français". "Cette polémique est regrettable et je pense que Mme Royal devra la regretter", a-t-il dit.

"Personne ne veut récupérer la libération d'Ingrid Betancourt", a-t-il poursuivi mais "personne ne peut nier que depuis un an le président Nicolas Sarkozy a fait des efforts considérables pour débloquer la situation d'Ingrid Betancourt et en particulier pour éviter qu'elle ne soit oubliée, que l'oubli s'installe. Et si l'oubli s'était installé, naturellement on peut penser que la libération d'Ingrid Betancourt n'aurait pas eu lieu dans les conditions où elle a eu lieu".

Le député socialiste du Pas-de-Calais Jack Lang a lui aussi critiqué vendredi les propos de Ségolène Royal, jugeant que "les querelles autour d'une prétendue récupération politique me paraissent dérisoires". Dans un communiqué, l'ancien ministre estime que "minimiser aujourd'hui le rôle du président Sarkozy relève d'une rare mesquinerie et d'un manque d'élégance morale", car "le président français n'a pas ménagé sa peine pour arracher Ingrid Betancourt à ses geôliers".

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait aussitôt réagi jeudi à cette déclaration en estimant qu'il s'agissait d'"une faute très grave, de l'agitation politique, une polémique secondaire digne de politicien secondaire".

Pour sa part, le président du MoDem François Bayrou a estimé vendredi sur France Info "qu'il n'y pas lieu à polémique sur ce sujet". Concernant le rôle joué par Nicolas Sarkozy dans l'opération de sauvetage des otages, M. Bayrou a rappelé "qu'il est du devoir du président de la République de tout faire" pour obtenir la liberté d'un compatriote.

Le socialiste Jean-Louis Bianco, ancien co-directeur de la campagne présidentielle de Ségolène Royal, a déploré vendredi que "la droite soulève une polémique inutile et vindicative", alors que Ségolène Royal "a dit tout simplement la vérité". Elle "n'a fait que reprendre les termes même du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant", assure-t-il dans un communiqué. AP

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