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Vingt minutes pour convaincre: de Ségolène Royal à Lionel Jospin, tous les candidats déclarés ou presque à la primaire du PS pour la présidentielle ont rendez-vous samedi à Lens pour leur premier grand oral. Attendue dans la journée à Madrid, la "Zapatera" se distinguera de nouveau en se contentant d'un passage éclair.
Pour cette rencontre inédite, le Hall Pierre-de-Coubertin du stade Léo-Lagrange attend quelque 2.500 militants et près de 400 journalistes pour écouter Ségolène Royal, Lionel Jospin, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang et Martine Aubry. François Hollande, qui entretient le mystère sur sa propre candidature, clôturera les travaux, officiellement en tant que N°1 du PS.
"C'est une chance qu'on ait pu les réunir tous!", s'est réjoui le patron de la fédération du Pas-de-Calais, Serge Janquin, sur itélé. Rassembler tous les présidentiables tenait du défi. Le MJS n'y était pas parvenu à La Rochelle, Ségolène Royal ayant décliné. La dernière photo de la "brochette" remonte à fin août, lorsque tous avaient assisté au premier rang, mais séparés par des proches, au discours de François Hollande en clôture de l'université d'été.
A Lens, la vedette des sondages se distinguera une nouvelle fois de ses challengers. Contrairement à eux, elle ne se soumettra pas au tirage au sort prévu pour fixer l'ordre de passage: elle prendra la parole la première à 9h30. Attendue à Madrid, où elle doit dîner avec le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero, elle se contentera d'un passage éclair, avec arrivée à 9h, et départ vers 10h30.
Un traitement de faveur que nul ne songe à dénoncer parmi ses compétiteurs, trop heureux qu'elle se soumette à l'exercice et soucieux de ne pas lui donner d'arguments pour refuser les débats pendant la campagne interne. "Personne n'a fait obstacle, chez les différents orateurs, à ce qu'elle s'exprime avant les autres", assure Serge Janquin qui souligne qu'elle a dû annuler, pour être présente, une rencontre avec le ministre espagnol de l'Intérieur.
La réunion tiendra toutefois plus du défilé que du débat. Chacun des postulants prendra la parole 20 à 30 minutes, dont 10 minutes de discours et une séance de questions-réponses obligatoire.
Pour éviter tout incident, comme le week-end passé entre Ségolène Royal et une militante du MJS, les questions seront écrites et déposées tôt le matin par les militants dans une urne. Elles seront contrôlées par une "petite commission" pour enlever les attaques ou injures.
Retransmis en direct par plusieurs télévisions, l'événement donnera un avant-goût des débats que le PS doit organiser entre ses candidats durant la campagne interne qui s'ouvre le 3 octobre.
Serge Janquin, lui, douche par avance les espoirs de ceux qui espéreraient une déclaration de candidature officielle de Lionel Jospin ou Ségolène Royal. "Je pense qu'à 13h, quand nous finirons nos travaux, nous n'aurons pas plus, pas moins de candidats qu'à 9h!". AP
sch/ca/mw
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