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Chaque année, un étudiant sur cinq quitte l'université sans aucun diplôme. Pour inverser la tendance, le Premier ministre Dominique de Villepin a souhaité mardi mettre en place une orientation personnalisée des élèves dès le lycée et instituer à la fac "un module obligatoire de recherche d'emploi en licence".
Lors de la remise à la Sorbonne du rapport de la Commission du débat national université-emploi, présidée par le recteur Patrick Hetzel, le chef du gouvernement a repris à son compte plusieurs des propositions contenues dans le document en vue d'améliorer l'orientation et l'insertion professionnelle des étudiants.
Dominique de Villepin estime en effet que des erreurs d'orientation et un manque de connexion entre l'université et le monde du travail sont bien souvent à l'origine "des taux d'échec particulièrement élevés dans certaines filières", avec chaque année plus de 80.000 étudiants quittant les bancs de la fac sans aucun diplôme, soit 10% des bacheliers généraux, 30% des bacheliers technologiques et 60% des bacheliers professionnels.
Pour y remédier, le Premier ministre a donc préconisé la mise en place d'un suivi personnalisé des élèves dès le secondaire. Ainsi, un entretien d'orientation à caractère informatif "sera rendu obligatoire" au collège en classe de 3e, puis au lycée en 1ère ou à la fin du premier trimestre de terminale.
Plus important, chaque élève de terminale "exprimera désormais ses différents voeux d'orientation dans un dossier unique d'accès à l'enseignement supérieur". Lors du conseil de classe du deuxième trimestre en mars, les enseignants examineront ce dossier et donneront un avis sur les voeux formulés.
Mesure la plus controversée: le Premier ministre a repris la proposition de François Goulard, son ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, de mettre en place "un système de pré-inscription universitaire" dans les établissements secondaires "volontaires". Mais, conscient du risque d'assimilation de ce dispositif à un début de sélection, M. De Villepin a immédiatement souligné que "les étudiants conserveront le choix de leur inscription définitive".
Une fois en première année d'université, l'étudiant pourra, en cas de besoin, "bénéficier d'un accompagnement individualisé" et "être réorienté sans attendre la fin de l'année scolaire, notamment vers les sections de techniciens supérieurs et les IUT".
Le Premier ministre a également décidé de mettre à la disposition des étudiants, dans toutes les universités, "les statistiques les plus précises et les plus fiables possibles concernant les filières, qu'il s'agisse des taux de passage dans l'année supérieure, des taux de réussite à l'issue du cursus et des taux d'insertion dans l'emploi".
Dans la même logique, le chef du gouvernement a décidé d'"instituer un module obligatoire de recherche d'emploi en licence". Il s'agit de "rendre obligatoire dans toutes les licences l'acquisition des compétences indispensables pour trouver un emploi: maîtriser une langue étrangère, savoir utiliser l'outil informatique, rédiger un CV ou encore savoir conduire un entretien d'embauche".
Concernant l'insertion professionnelle des étudiants, Dominique de Villepin a repris la proposition de la commission Hetzel de mettre en place un semestre ou une année de césure entre la licence et le mastère afin de permettre aux étudiants de partir à l'étranger, d'effectuer un stage en entreprise ou de s'engager dans un projet associatif.
La commission Hetzel avait été nommée le 25 avril à la suite de l'échec du contrat première embauche (CPE). Mardi, Dominique de Villepin a fait allusion à cette crise en glissant, hors discours: "Quand les épreuves ne vous abattent pas, elles vous renforcent"... AP
sop/mw
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