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actu & culture


PARIS - mardi 24 octobre 2006 à 21h23

Jurys citoyens: Fabius et DSK attaquent Royal



Le deuxième débat télévisé entre les trois prétendants à l'investiture socialiste a démarré mardi soir sur un ton nettement moins consensuel que le précédent. Dès l'entame, Laurent Fabius s'en est pris vivement à la proposition de "jurys citoyens" de Ségolène Royal, en mettant en garde contre "une espèce de populisme qui fait le lit de l'extrême droite". Quant à DSK, il a critiqué le concept même d'"ordre juste" cher à la députée des Deux-Sèvres.

Interrogé sur l'idée de Ségolène Royal de mettre en place des "jurys citoyens" pour obliger les élus à rendre des comptes, M. Fabius a déclaré dès l'ouverture du débat: "Je ne suis pas d'accord avec cela". Certes, a-t-il dit, "il faut que les élus rendent des comptes mais, ça, la plupart des élus le font".

"Mais, lorsqu'on dit qu'il faut mettre sous surveillance les élus, c'est introduire une distance, une méfiance avec les élus que, je pense, ils ne méritent absolument pas", a lancé l'ancien Premier ministre. M. Fabius a prévenu qu'il ne fallait "surtout pas épouser une espèce de populisme qui fait le lit de l'extrême droite".

Dominique Strauss-Kahn a également fustigé la proposition de sa rivale. "Je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu'on peut bâtir une société sur la suspicion généralisée", a-t-il lancé, en refusant l'accusation implicite d'élu "corrumpu". Car alors, a-t-il prédit, "nous verrons sous nos yeux la France se défaire". Pour le moins, a souligné DSK, "le mot jury est assez mal choisi".

Quant au concept d'"ordre juste", leitmotiv de Ségolène Royal, M. Strauss-Kahn l'a jugé "insuffisant". "Je ne crois pas que rétablir l'ordre, même juste, soit suffisant. L'ordre ne peut pas constituer à soi seul un projet politique", a-t-il souligné.

Pour Dominique Strauss-Kahn, "l'avenir ne s'écrit pas au passé", "il faut recréer une société de confiance, et pas de défiance", "nous avons besoin d'une refondation de la République".

Face à ce tir groupé, Mme Royal a maintenu sa position, et sur les "jurys citoyens" et sur "l'ordre juste". La présidente de la région Poitou-Charentes a ainsi souligné que la démocratie comportait plusieurs niveaux: le niveau de la "démocratie représentative", celui de la "démocratie sociale" et celui de la "démocratie directe" incarnée notamment, selon elle, par cette proposition de "jurys citoyens". "Il y a un désamour à l'égard des politiques et les citoyens ne veulent plus attendre sans rien faire entre deux mandats", a-t-elle justifié.

Ces "jurys citoyens" vont "permettre d'aider les élus à évaluer leur politique et ça je crois que c'est très important", a-t-elle dit.

Elle s'est dit "heureuse de voir qu'il y a tout un débat sur les jurys citoyens", mais "moi je suis quelqu'un qui ne veut pas revivre le 21 avril 2002". AP

sop/sch




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