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Farouche décentralisatrice, Ségolène Royal a annoncé jeudi qu'elle ambitionnait de faire des régions le fer de lance de la lutte contre le chômage et qu'elle se rendrait prochainement dans les 26 régions. Loin de se contenter d'une campagne régionalisée, elle a promis de déployer sa campagne à "tous les niveaux", du national au local.
Poursuivant sa tournée des élus du PS, la candidate et présidente de la région Poitou-Charentes a réuni jeudi une douzaine de présidents de région du PS près de l'Assemblée. La veille, elle avait déjeuné avec les maires socialistes au congrès des maires de France. Son objectif: regarder ce qui marche en région, en premier lieu sur l'emploi. "Je vais m'appuyer sur les régions qui marchent pour faire marcher la France".
Ainsi compte-t-elle "aller dans toutes les régions pour voir ce qui marche, pour voir les innovations" de ses homologues. Première étape, la semaine prochaine en Rhône-Alpes, dont le président Jean-Jack Queyranne l'a soutenue dans la primaire au PS. Un déplacement aux Antilles est également envisagé courant décembre.
Interrogée sur l'absence à cette réunion du président de la région Languedoc-Roussillon Georges Frêche, sous le coup d'une procédure au PS, Ségolène Royal a éludé: "je ne veux pas traiter cette question-là ici, elle est traitée dans d'autres instances", "nous n'en avons même pas parlé". Pour autant, elle se rendra "aussi" en Languedoc-Roussillon.
Au coeur des discussions jeudi, l'emploi, notamment des jeunes, et la formation professionnelle, "coeur" des compétences des régions. "Une des façons de lutter contre le chômage, c'est de rapprocher les besoins des entreprises et les qualifications des salariés", a-t-elle expliqué, affichant son souhait de "transférer au niveau des régions la totalité des outils des politiques de l'emploi, avec bien sûr une cohérence nationale".
Mais pas question de mener une campagne exclusivement régionale. Répondant aux critiques, elle a indiqué qu'elle déploierait sa campagne "à tous les niveaux": "ce n'est pas parce que je déclenche une dynamique régionale que je fais l'économie d'une dynamique nationale". Pour elle, il faut s'appuyer sur l'échelon le plus pertinent: éducation, politique étrangère et grands services publics relèvent selon elle du national; emploi, délocalisations ou environnement d'une "dynamique régionale".
Une option soutenue à 100% par ses homologues présidents de région, y compris par ceux qui ne l'avaient pas épaulée dans la primaire au PS. "Régionaliste à fond la caisse", Jean-Paul Huchon (Ile-de-France), ancien partisan de Dominique Strauss-Kahn, est "ravi". "La France est corsetée dans un système d'une rigidité extrême" et "le projet de Ségolène Royal consiste à rompre avec (...) ce passé préhistorique", s'est aussi réjoui le fabiusien Martin Malvy (Midi-Pyrénées).
Fervente décentralisatrice, Ségolène Royal ne cache pas son intention de lancer une "nouvelle vague de transfert de compétences" si elle est élue. "L'engagement que je prends, c'est que l'Etat assumera ses responsabilités", a-t-elle promis. AP
sch/sb
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