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Dominique de Villepin a ouvert jeudi matin devant des partenaires sociaux sceptiques la conférence emploi-revenus, grand messe sociale destinée à prendre des mesures concrètes en faveur du pouvoir d'achat, du logement et de l'emploi.
Le Premier ministre doit annoncer en fin de journée la création d'une "garantie des risques locatifs" pour aider les personnes à revenu modeste à se loger et l'extension aux ménages non imposables du crédit d'impôt sur les services à la personne.
Le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo a grillé la politesse au chef du gouvernement en annonçant les principales décisions prises avant l'ouverture de la conférence, qui se tient toute la journée au Centre d'analyse stratégique, près de Matignon.
Le gouvernement va d'abord répondre à la crise du logement. Pour aider les Français qui n'arrivent pas à se loger faute d'avoir une garantie suffisante, une "garantie des risques locatifs" va être créée. Elle va "permettre à ceux qui sont en travail discontinu d'avoir un accès au logement sans faire appel à la caution du grand-père, de la grand-mère, du beau-père", a expliqué M. Borloo sur LCI.
Dominique de Villepin veut aussi aider les ménages à faibles revenus à avoir accès aux services à la personne pour faire garder un enfant ou s'occuper d'une personne âgée ou handicapée. Le crédit d'impôt du plan Borloo, limité jusqu'à maintenant aux foyers imposables, sera étendu aux ménages qui ne paient pas d'impôt sur le revenu, a annoncé le ministre de la Cohésion sociale.
Le ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher a dévoilé sur RTL une autre mesure pour le pouvoir d'achat. A partir de 2008, la revalorisation annuelle du SMIC devrait intervenir en janvier et non plus le 1er juillet. Il s'agit de favoriser les négociations salariales annuelles dans les entreprises.
Dominique de Villepin doit aussi proposer aux partenaires sociaux le lancement de deux négociations sur l'accès de tous les jeunes aux stages et l'extension de la complémentaire santé à tous les salariés.
A travers ces mesures, il s'agit de "répondre" aux "attentes de tous les Français qui aspirent à davantage de pouvoir d'achat et à une vie quotidienne plus simple", a expliqué le chef du gouvernement.
"Comment trouver un logement abordable? Comment faire garder ses enfants pour aller travailler, lorsqu'on a des horaires décalés? Comment espérer passer d'un travail précaire à un vrai emploi, avec un salaire suffisant et des perspectives de carrière?", a résumé M. De Villepin.
Le Premier ministre a inscrit cette conférence dans sa vision de la France, "un pays capable de conjuguer le dynamisme économique avec la justice sociale".
Les syndicats, sceptiques, n'attendaient pas de miracle de cette grand messe sociale organisée à quatre mois de l'élection présidentielle, et alors que le gouvernement dispose de marges de manoeuvre réduites.
Les leaders syndicaux ont profité de l'occasion pour rappeler leurs revendications. Dans son intervention, François Chérèque a réaffirmé les exigences de la CFDT d'un moratoire sur les loyers et d'une extension à tous les salariés du chèque-transport, disponible à partir du 1er janvier.
L'historien Emmanuel Todd, invité à s'exprimer en ouverture de la conférence, a lui aussi exprimé son scepticisme. "On vit dans une société au bord de l'explosion", a estimé celui qui avait soufflé à Jacques Chirac le concept de la "fracture sociale" lors de la campagne présidentielle de 1995.
"Les discussions que vous allez avoir sont prisonnières d'un système économique mondial qui tend à asphyxier la société française", a ajouté M. Todd. Reprenant le slogan de Nicolas Sarkozy, il a insisté sur la "nécessité d'une rupture radicale" dans la situation économique de la France.
Après la séance d'ouverture, la conférence a poursuivi ses travaux à huis-clos. Dominique de Villepin devait tirer en fin d'après-midi les conclusions de la journée et annoncer les décisions prises. AP
egp/mw
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