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Dominique de Villepin avait promis des "réponses concrètes" aux attentes de Français en matière de pouvoir d'achat. Le Premier ministre s'est contenté d'annoncer jeudi des mesures d'ampleur très limitée à l'issue de la conférence pour l'emploi et les revenus, à la grande déception des syndicats, qui ont dénoncé une "mise en scène" gouvernementale à quatre mois de l'élection présidentielle.
Les mesures annoncées -la création d'une "garantie-location" pour les personnes en situation précaire et une aide de l'Etat pour les services à domicile des ménages modestes- n'ont satisfait que le patronat.
Dominique de Villepin a annoncé quelques mesures concrètes pour l'emploi, les salaires et la vie quotidienne à l'issue de cette conférence d'une journée, organisée au Centre d'analyse stratégique, près de Matignon.
Faute de marge de manoeuvre budgétaire et de temps pour mettre en oeuvre des réformes, le Premier ministre s'est contenté de mesures limitées. Désireux de faire de l'affichage en cette période électorale, il a privilégié les annonces concrètes, destinées à faciliter la vie quotidienne des Français.
Dominique de Villepin a ainsi annoncé la création d'une "garantie-location" pour aider les personnes en situation précaire à accéder au logement. Cette mesure reprend un accord déjà conclu entre les partenaires sociaux.
Dans une autre mesure de vie quotidienne, l'Etat va rembourser la moitié des dépenses engagées par les ménages modestes pour des services à domicile.
Afin d'aider les jeunes à accéder à l'emploi, le Premier ministre a annoncé la création "avant la fin du premier trimestre 2007" d'une "bourse des stages" accessible sur Internet.
Dominique de Villepin s'est en revanche contenté d'engagements très généraux sur la question sensible du pouvoir d'achat. Dans un voeu pieux, il a souhaité "un moratoire des loyers en 2007".
Alors que les syndicats réclamaient un coup de pouce immédiat sur le SMIC, il a proposé une réflexion sur le calendrier de fixation du salaire minimum de façon à avancer la date de sa revalorisation.
Pour le reste, le Premier ministre s'est borné à commander des rapports sur les bas salaires et le temps de travail, ou d'évoquer la création d'un nouvel indice des prix. Car il s'agissait avant tout pour lui de montrer que le gouvernement travaille malgré la campagne électorale et de peser sur le débat présidentiel.
Après avoir assisté au discours du chef du gouvernement, les syndicats ont eu le sentiment d'avoir été menés en bateau. "On nous a fait jouer quelque part un rôle de figurant dans cette opération", a dénoncé Bernard Thibault (CGT). "Nous aurions pu rester derrière nos téléviseurs en fin de journée pour apprendre ce qu'étaient les mesures du gouvernement", a ajouté le secrétaire général de la CGT, déplorant qu'"aucun euro supplémentaire" n'ait été débloqué pour les ménages.
François Chérèque (CFDT) a dénoncé des mesures "notoirement insuffisantes et en décalage" avec les constats faits sur la situation de l'emploi et du pouvoir d'achat.
"Tout ça pour ça. Je ne m'attendais pas à des miracles et il n'y en a pas eu", a renchéri Jean-Claude Mailly (FO). "L'essentiel restera à fixer dans le cadre de la prochaine législature", a estimé Bernard Van Craeynest (CGC).
La présidente du MEDEF Laurence Parisot a en revanche jugé la journée "plutôt utile", observant un "début de consensus sur le fait que le financement de la protection sociale pesait sur le travail et sur l'entreprise". "Il serait souhaitable que ce type de rencontre se multiplie à l'avenir", a-t-elle dit.
Dominique de Villepin l'a exaucée en proposant que cette conférence "puisse se tenir chaque année". "J'admets volontiers les critiques de forme qui peuvent être faites ici et là par les syndicats, mais la réalité des choses, c'est que sur le fond, nous avons fait des avancées", s'est défendu le Premier ministre sur TF1. AP
egp-god/mw/sb
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