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La droite a tiré jeudi à boulets rouges sur Ségolène Royal, deux jours après une déclaration de la candidate socialiste à Pékin sur la supposée rapidité de la justice chinoise.
Les propos, tenus mardi par la candidate socialiste lors d'une conférence de presse au dernier jour de sa visite en Chine, étaient passés relativement inaperçus sur le moment. Mme Royal a dit avoir rencontré à Pékin un avocat qui lui aurait expliqué que "parfois les tribunaux chinois sont plus rapides qu'en France". "Vous voyez: avant de donner des leçons aux autres pays, regardons toujours les éléments de comparaison", a ajouté la candidate socialiste.
Ces déclarations ne pouvaient qu'être exploitées par l'UMP. "Sottise", "insoutenable légèreté", "inquiétant": les amis de Nicolas Sarkozy ont été ravis de cette occasion de pointer une nouvelle bourde de la candidate socialiste sur la scène internationale, après sa rencontre controversée avec un député du Hezbollah libanais en novembre dernier. Ségolène Royal est régulièrement critiquée par ses adversaires pour son inexpérience dans le domaine de la politique étrangère.
"Prendre la justice (NDLR: chinoise) comme référence et exemple, c'est assez inattendu", a ironisé Brice Hortefeux, bras droit de Nicolas Sarkozy, sur LCI. Ségolène Royal "découvre le monde: c'est formateur pour elle mais inquiétant et anxiogène pour les Français", a estimé le secrétaire général délégué de l'UMP.
"Je crains qu'elle ne connaisse pas encore tout à fait le problème de la justice chinoise", a renchéri le ministre de la Justice Pascal Clément. Il a observé qu'il y avait "encore un peu de travail" pour que la Chine respecte les principes de l'état de droit.
"Il est regrettable qu'une responsable politique française qui ambitionne de prendre en mains les destinées du pays dans un monde en plein bouleversement fasse preuve d'une telle légèreté sur des sujets aussi graves", s'est insurgé Pierre Lellouche.
Le député UMP de Paris a rappelé que la Chine "n'a rien d'un Etat de droit" et que "la justice qui s'y pratique est la justice expéditive et partiale d'un régime autoritaire dirigé par un parti unique". Pierre Lellouche a encore noté qu'Amnesty International estimait à 10.000 par an le nombre des exécutions capitales en Chine, soit 80% du total mondial et "trois fois la population de Melle", commune des Deux-Sèvres où est domiciliée électoralement la candidate socialiste.
La justice chinoise "est une justice soumise où les avocats ne sont pas aussi libres qu'en France, les droits de la défense ne sont pas exercés", a rappelé le président UMP de la Commission des Lois de l'Assemblée nationale Philippe Houillon. "Je pense que ce n'est pas un problème de fond mais c'est inquiétant pour une candidate à la présidence de la République."
Les sarkozystes n'étaient pas les seuls à dénoncer les propos de Ségolène Royal. En déplacement dans le Finistère, le candidat UDF François Bayrou s'est déclaré "choqué" par les déclarations de la candidate socialiste, qui révèlent selon lui sa "fascination" pour la Chine. "La justice chinoise jette en prison ses dissidents", a-t-il rappelé lors d'une visite sur le port de Saint-Guénolé. "Le vrai mot de cette justice, c'est expéditif." AP
egp-ljg-gon/sb
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