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actu & culture


LIMOGES - jeudi 29 mars 2007 à 22h41

Emploi: Ségolène Royal se défend de vouloir une "société de l'assistanat"



"Ce qui coûte cher, c'est le chômage!" Alors que son programme économique et social est jugé trop dispendieux à droite, Ségolène Royal a répliqué jeudi en se défendant de vouloir une "société de l'assistanat" et en opposant ses mesures dans le domaine de l'emploi à celles de Nicolas Sarkozy, qui n'a pas selon elle la même "conception" de la "valeur travail".

"Je ne suis pas favorable à une société de l'assistanat. La gauche, ça n'est pas cela. La gauche, c'est la dignité du travail. La société que je vous propose, c'est une société du donnant-donnant", a-t-elle affirmé lors de son premier meeting commun avec François Hollande, au Zénith de Limoges (Haute-Vienne), devant près de 5.000 personnes, où elle a fait jouer le "Chant des partisans" et "La Marseillaise". "Cette exigence de maintenir les liens de solidarité s'accompagne aussi en retour d'un effort de la part de ceux qui reçoivent."

La candidate du PS a donc répondu à ceux qui jugent le coût de son programme trop élevé. "Je vous le dis fermement: ce qui coûte cher, c'est le chômage, c'est la précarité, c'est l'échec scolaire, c'est toutes les formes d'insécurité, c'est de ne pas pouvoir se loger, d'avoir peur de l'avenir", a-t-elle sermonné. "Ce sont toutes ces inquiétudes qui dépriment collectivement la France et qui donnent à chacun le sentiment d'être irrésistiblement tiré vers le bas".

"Voilà l'enjeu de l'élection présidentielle", a-t-elle clamé, invitant les électeurs à ne "pas se tromper". Avec la droite, "nous n'avons pas la même conception de ce que nous appelons les uns et les autres la valeur travail". "La valeur travail, c'est d'abord donner du travail à tous, c'est d'abord revaloriser les bas salaires, c'est sécuriser par des contrats de travail durables" et faire "que le travail soit moins taxé que le capital", a-t-elle martelé. On me "reproche de vouloir relever tout de suite les petites retraites et les bas salaires? Mais ça n'est que justice", "c'est aussi un levier de l'efficacité économique".

Face à cela, "le candidat de la droite propose aux salariés d'avoir le choix de travailler jusqu'à 70 ans, alors qu'il y a déjà tant de chômage chez les salariés", a-t-elle fustigé. Dans l'après-midi, elle avait déjà montré du doigt le refus du candidat de l'UMP de revaloriser le Smic au 1er juillet prochain. "Quand on vit avec 980 euros par mois, qui est le SMIC net, c'est difficile", a relevé Ségolène Royal, qui s'est engagée à relever immédiatement le Smic de 5% pour le porter à 1.500 euros brut en cinq ans et à réunir une conférence sur les salaires et la croissance tous les ans à compter de juin 2007. Au passage, elle a félicité les "jeunes de leur lutte contre le CPE" (contrat première embauche).

La candidate socialiste a ensuite défendu ses mesures phares dans le domaine de l'emploi. Elle a apporté son soutien aux agents de l'ANPE qui ont manifesté jeudi. "Ils se dressent contre la privatisation de ce service public et ils ont raison". Mais elle les a aussi invités à se "réformer" en proposant de régionaliser l'ANPE. "Nous confierons aux régions la mission du service public de l'emploi, parce que ce sont elles désormais qui auront les aides à l'emploi, les aides à la formation professionnelle et désormais l'accompagnement individualisé de ceux qui recherchent un emploi. Voilà comment la bataille sera efficace."

Ségolène Royal a également promis de faire de l'emploi des jeunes "un combat permanent" et "engagé". Dans son "pacte présidentiel", elle préconise que tout jeune se voit proposer une formation ou un emploi-tremplin dans le public ou le privé au bout de six mois de chômage. "Les jeunes pourront bénéficier des emplois-tremplins et nous en créerons suffisamment", a-t-elle promis (elle s'est fixé le chiffre de 500.000 en cinq ans). "Nous mobiliserons pour cela tous les moyens." AP

sch/tl