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actu & culture


PARIS - vendredi 06 avril 2007 à 16h00

Constitution européenne: le futur président français très attendu



Le 29 mai 2005, la France disait "non" à la Constitution européenne. Le prochain président aura la lourde responsabilité de contribuer à sortir l'Union européenne de la crise dans laquelle elle est plongée depuis deux ans, tout en réconciliant la France du "oui" et celle du "non".

L'Europe n'aura pas été un thème dominant de la campagne. Dès son installation à l'Elysée, le nouveau président devra pourtant prendre position sur l'avenir de l'UE. Une de ses premières sorties internationales sera le conseil européen des 21 et 22 juin à Bruxelles. Les Vingt-Sept, et notamment les 18 qui ont ratifié le traité, attendent de leur nouveau partenaire des propositions pour débloquer la situation.

Selon la déclaration adoptée le 25 mars dernier à Berlin, les Etats-membres "partagent l'objectif d'asseoir l'Union européenne sur des bases communes rénovées d'ici les élections au Parlement européen de 2009". La France aura un rôle d'autant plus majeur à jouer qu'elle présidera l'UE au second semestre 2008.

Sans surprise, on retrouve le clivage entre partisans du "oui" et du "non" dans les plans des différents candidats. Partisans du "oui", Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou préconisent tous les trois un nouveau traité, même s'ils divergent sur les modalités. Jean-Marie Le Pen propose lui d'engager "une négociation globale" pour que la France "retrouve au plus vite les attributs d'une nation souveraine".

Le candidat de l'UMP proposera aux Vingt-Sept de se mettre d'accord sur "un texte simple" qui reprendra dans les dispositions de la première partie du traité constitutionnel "qui n'ont pas suscité de désaccord majeur durant la campagne référendaire". Ce traité simplifié prévoierait notamment de passer de l'unanimité à la majorité qualifiée dans les votes au conseil pour permettre qui veulent agir de le faire.

Le traité serait soumis pour ratification au Parlement français avant les élections européennes de 2009. Nicolas Sarkozy renvoie après cette date l'élaboration d'une nouvelle Constitution.

Opposés à la ratification du nouveau traité par le Parlement, Ségolène Royal et François Bayrou préfèrent la voie référendaire. Chantre d'une "Europe par la preuve", la candidate socialiste s'est engagée à soumettre un nouveau traité à référendum "au plus tard" en même temps que les élections de juin 2009. D'ici là, elle souhaite que l'Union relève quatre "défis": "réussir à lutter contre le chômage, à lutter contre les délocalisations, à investir dans l'investissement et dans la recherche et à préparer l'après-pétrole".

Le candidat UDF est lui aussi favorable à un référendum sur un nouveau projet de Constitution "court, compréhensible par tous".

Côté élargissement, Nicolas Sarkozy et François Bayrou sont opposés à l'entrée de la Turquie dans l'UE, tandis que Ségolène Royal y est favorable si "dans dix ou quinze ans toutes les conditions sont remplies".

Au delà de leurs solutions pour sortir de la crise, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et François Bayrou se rejoignent dans leur volonté de réconcilier la France du "oui" et celle du "non". "C'est ce à quoi je m'emploierai en priorité si je suis élu", écrit le candidat UMP dans son livre-programme "Ensemble".

Tous trois souhaitent "une Europe qui protège ses citoyens" dans la mondialisation. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont multiplié durant la campagne les attaques contre la Banque centrale européenne, coupable à leurs yeux de surrévaluer l'euro et de pénaliser l'emploi.

Ségolène Royal s'est prononcée pour un "salaire minimum européen", un "élargissement" des compétences de la Banque centrale européenne (BCE) à la croissance et à l'emploi ou encore un "taux plancher d'impôt sur les sociétés" européen pour éviter la concurrence fiscale entre les 27.

Nicolas Sarkozy veut quant à lui doter la zone euro d'un "véritable gouvernement économique", prône la préférence communautaire dans les échanges commerciaux et veut taxer les importations en provenance de pays qui ne respectent aucune norme écologique. De quoi, pense-t-il, séduire la "France du non". AP

egp/mw




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