Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Devant la pluie de critiques sur son "contrat première chance", comparé à un "CPE bis", Ségolène Royal a assuré vendredi qu'elle tiendrait bon, mais a quand même révisé sa copie en ajoutant une période d'essai de trois mois et de possibles sanctions contre l'employeur. Avec le "CPC", elle a pris le risque de froisser une frange de la gauche et des jeunes électeurs.
après les critiques de Marie-George Buffet, José Bové et Olivier Besancenot.
Elle a précisé que "ceux qui se posent des questions seront associés à l'évaluation" et "nous adapterons si les objections sont fondées". Le CPC serait soumis à discussion avec les partenaires sociaux, l'Etat et les régions en juin.
Mais voilà: après avoir donné l'impression de naviguer à vue, Ségolène Royal a nettement verrouillé ce dispositif, destiné aux 120.000 jeunes qui sortent chaque année non qualifiés du système scolaire, et dont salaire et charges seraient intégralement couverts par l'Etat pendant un an s'ils sont recrutés dans de très petites entreprises de moins de dix salariés.
Jeudi soir, elle a pourtant annoncé que le CPC comporterait une "phase transitoire" ou "d'acclimatation" de "trois mois". Au terme de cette période d'essai, le jeune serait embauché en CDI s'il a fait ses preuves, ou intégré en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation.
Surtout, la sociologue du travail Dominique Meda, que la candidate avait chargée de préciser les modalités, a indiqué vendredi en remettant son rapport que l'entreprise pourrait rembourser les aides, ceci pour éviter tout effet d'aubaine. "En cas de rupture du contrat au bout d'une année, si l'employeur est à l'origine de la rupture et en cas d'absence de cause réelle et sérieuse, l'entreprise doit rembourser l'ensemble de l'aide", a annoncé Mme Meda. Jusqu'alors, la candidate et son entourage avaient simplement indiqué qu'un employeur ne pourrait pas avoir plus d'un CPC simultanément, sans évoquer de sanctions.
Dominique Meda a également suggéré que la mesure soit élargie aux TPE de moins de 20 salariés, et non de 10.
Reste le nom très décrié de la mesure, qui rappelle le "contrat première embauche" retiré il y a un an par le gouvernement Villepin après d'importantes manifestations. "La terminologie 'contrat première chance' n'est peut-être pas obligatoirement la meilleure", mais "l'idée est bonne et indispensable", a reconnu Dominique Strauss-Kahn. L'UNI, syndicat étudiant de droite, a déjà rebaptisé le CPC: "si tu es jeune, 'C'est Pas de Chance".
"On a eu en quelques jours une annonce, un revirement, des démentis", a ironisé vendredi Xavier Bertrand, porte-parole de Nicolas Sarkozy, pointant "une improvisation permanente" et "une impréparation" de la candidate socialiste.
Avec cette proposition annoncée la semaine passée et pas inscrite dans son "pacte présidentiel", Ségolène Royal a en tout cas pris le risque de se mettre à dos l'extrême gauche, le Parti communiste et une frange de l'électorat jeune, et ce à bientôt deux semaines du premier tour. Elle devait tenir meeting en soirée à Carmaux (Tarn), terre de Jean Jaurès et étape de son déplacement de trois jours dans le Sud-Ouest. AP
sch-egp/mw/ir
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|