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actu & culture


PARIS - jeudi 03 mai 2007 à 16h31

Vers un nouveau record de participation au second tour?



Après une participation record au premier tour, les électeurs feront-ils mentir la règle selon laquelle ils se déplacent toujours plus nombreux au second tour d'une présidentielle? A quelques jours du vote décisif, les analystes préféraient rester prudents dans leurs prévisions.

Les 83,8% de participation enregistrés dimanche 22 avril sont proches des records de la Ve République (84,8% en 1965 pour la première élection au suffrage universel) et "on peut penser qu'on aura encore une participation très, très forte" au second tour, prédit Frédéric Dabi, directeur "opinion publique" à l'IFOP.

Mais le niveau de la participation reste difficile à prévoir. "On est dans une élection assez ouverte", observe Dominique Reynié, professeur de sciences politiques à l'IEP de Paris. Il souligne que certains se déplaceront dimanche pour la première fois, tandis que d'autres refuseront d'aller voter une seconde fois et que les flux peuvent s'annuler.

Les rangs des électeurs supplémentaires susceptibles de se déplacer dimanche semblent peu fournis, en raison de la très forte mobilisation du premier tour. "Il n'y a pas de gisement considérable", avait observé le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande dès le 22 avril au soir.

Mais en 1981, "beaucoup d'électeurs ne se sont déplacés qu'au second tour, pour faire élire François Mitterrand", se souvient M. Reynié. Il note que les abstentionnistes sont souvent des jeunes et des habitants des quartiers populaires, des électeurs "qui peuvent profiter à Ségolène Royal s'ils se déplacent".

Reste à savoir ce que feront ceux qui ont perdu leur champion au premier tour. En premier lieu, environ 15% des électeurs de Bayrou, soit un million d'électeurs, "déclarent ne pas choisir entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal", observe Frédéric Dabi. Pour lui, l'abstention représente pour eux la "logique ultime" d'un vote de rejet de la droite comme de la gauche.

Selon les différents instituts de sondage, les autres se porteront d'abord sur la candidate socialiste et ensuite sur le bulletin Sarkozy, à environ 60%-40%.

Vient ensuite l'inconnue des 3,8 millions d'électeurs frontistes, que Jean-Marie Le Pen a appelés mardi à "s'abstenir massivement". Cette consigne, si elle est suivie, pourrait affaiblir le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy en limitant les reports de voix sur son nom.

Mais "on n'est pas propriétaire de ses voix", souligne Frédéric Dabi, qui rappelle que les consignes de vote données dans le passé par Jean-Marie Le Pen "n'ont pas été parfaitement suivies". En 1995, "les reports de voix sur Jacques Chirac n'avaient pas été mauvais", alors que le leader du FN avait estimé que le candidat du RPR était "Jospin en pire".

A l'extrême gauche, c'est plutôt la main tendue de Ségolène Royal en direction du centre qui pourrait renforcer l'abstention, malgré les appels à voter Royal. "On a des électeurs de la gauche radicale qui sont peut-être déçus des appels du pied vers le centre et qui peuvent le manifester en s'abstenant", observe M. Dabi. Mais pour lui, cette réaction ne devrait pas être majoritaire, car "le vote anti-Sarkozy peut être plus fort que la tentation de l'abstention". AP

lp/mw




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