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actu & culture


NEUFCHATEAU, Vosges - jeudi 17 avril 2008 à 15h18

Sarkozy promet de réformer l'hôpital sans fermeture


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La réforme oui, mais "pas la fermeture des hôpitaux", a promis jeudi Nicolas Sarkozy, venu présenter la vaste réorganisation de l'hôpital qu'il préconise. En ligne avec le rapport Larcher, il souhaite regrouper les hôpitaux et transformer les plus petits services de chirurgie ou de maternité en établissements de moyen séjour pour "mieux répondre aux besoins", notamment des personnes âgées.

"La réforme de l'hôpital, ce n'est pas la fermeture des hôpitaux", a insisté le chef de l'Etat dans un discours prononcé à Neufchâteau (Vosges). Dans cette petite ville de 7.600 habitants, l'hôpital collabore au quotidien avec le CHU de Nancy, à l'instar de ce que préconisera la réforme par le biais des quelque 300 "communautés hospitalières de territoire".

"La réforme de l'hôpital a un seul objectif", a assuré le président, "offrir à tous les Français, sur tout le territoire un égal accès aux soins de qualité". Pour cela, les hôpitaux modestes devront se rassembler entre eux ou autour d'un hôpital plus grand pour créer des établissements "multi-sites" dans lesquels les services les moins performants seraient transformés, notamment pour "la prise en charge du grand âge et de la dépendance".

"Des services de chirurgie ou de maternité qui n'offrent plus de sécurité suffisante devront être reconvertis", a prévenu le président. Pour lui, les hôpitaux devront se recentrer "sur leur coeur de métier" -"la prise en charge de la phase aiguë des maladies" pour les hôpitaux de court séjour- ou se reconvertir pour prendre en charge "le grand âge et la dépendance". "Dans un même territoire, chaque hôpital doit cesser de vouloir tout faire." Selon la Fédération hospitalière de France (FHF), 235 hôpitaux seraient "vulnérables" et devraient engager "une mutation en douceur".

La création des communautés hospitalières de territoire se fera "sur la base du volontariat incité", a insisté le président. Il a notamment annoncé que les subventions du plan "hôpital 2012", une dizaine de milliards d'euros prévus pour la modernisation, "bénéficient davantage aux hôpitaux publics qui forment une communauté hospitalière de territoire, un argument de poids qui pourrait convaincre beaucoup des hôpitaux français, très endettés. Car si l'objectif premier affiché est de rationaliser la gestion et d'améliorer la qualité, l'Etat espère aussi limiter les coûts de l'hôpital, selon l'Elysée.

Les regroupements seront décidés au niveau local, sans périmètre préétabli, et pourront s'étendre sur un ou plusieurs cantons, voire presque un département dans les zones les moins peuplées, précise-t-on à la présidence. "Rien ne serait pire que d'imposer de Paris des rapprochements artificiels entre hôpitaux", a justifié le président.

Il a aussi confirmé un renforcement du rôle du directeur de l'hôpital et l'implication des cliniques privés dans le dispositif, par un contrat de service public, à condition de limiter les dépassements d'honoraires.

Cette réforme devrait être présentée au Parlement à l'automne, dans le cadre d'un projet de loi qui devrait aussi créer les Agences régionales de santé.

Le projet qui doit être préparé par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot devra aussi améliorer l'accès aux urgences, grâce à un numéro de téléphone unique pour superviser les urgences et la médecine de ville et à une évolution de l'accueil des malades à l'hôpital: les urgences devront se concentrer sur les malades les plus touchés, les autres étant pris en charge par des services de médecine. AP

lp/cov/mw