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actu & culture


PARIS - vendredi 16 mai 2008 à 16h57

Autisme: le gouvernement promet 4.100 places supplémentaires



Créer 4.100 places supplémentaires sur cinq ans, renforcer la formation des professionnels, améliorer le diagnostic et l'offre de soins: la secrétaire d'Etat chargée de la solidarité, Valérie Létard, a présenté vendredi le plan autisme 2008-2010, qui a été jugé encore "insuffisant" par l'association Autisme France.

Concernant la création de places, ce sont 187 millions d'euros qui seront mobilisés pour le financement de "1.500 places dans des établissements pour enfants, 600 en services d'éducation spécialisée et de soins (SESSAD) et 2.000 en maisons d'accueil spécialisé pour les adultes", a précisé Mme Létard, qui présentait le plan à la presse au côté de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot.

Un chiffre encore insuffisant pour l'association de parents d'enfants autistes, Autisme France. Ce seront 820 places qui seront créées par an alors que 6.000 bébés atteints de troubles envahissants du développement naissent chaque année", a déclaré à l'Associated Press Agnès Woimant, vice-présidente d'Autisme France. "On est très, très loin de répondre aux besoins", a-t-elle estimé.

Une réserve que partage l'actrice Sandrine Bonnaire qui a réalisé un film sur sa soeur autiste. "La création de places, c'est la chose qui m'intéresse le plus. C'est une des problématiques les plus importantes", a-t-elle déclaré sur France-Info. "Ce n'est pas suffisant. Il y a tellement de demandes et de besoins que, malheureusement, les choses ne peuvent pas se faire comme cela".

Agnès Woimant craint aussi que ces places ne soient "pas toutes réellement dédiées à de nouveaux enfants autistes. On y mettra des enfants autistes déjà inscrits dans un programme handicapés mentaux et les places nouvelles seront données en partie à des handicapés mentaux", avertit-elle.

Autres domaines sensibles, ceux du diagnostic et de la prise en charge des enfants atteints. Pour améliorer la formation des professionnels, le plan autisme prévoit l'élaboration d'un document de référence dont la rédaction sera confiée à un comité d'experts en lien notamment avec le groupe de suivi scientifique de l'autisme et la Haute autorité de santé.

"Au diagnostic précoce doit s'ajouter une orientation rapide vers le mode de prise en charge le plus adapté", a souligné Mme Bachelot qui s'est engagée à consacrer "un million d'euros par an" au "renforcement des équipes compétentes en charge du diagnostic".

La ministre de la Santé a par ailleurs annoncé que quatre millions d'euros seraient consacrés en 2009 à des projets de recherche en génétique, neuro-imagerie, clinique et biologie, dans le cadre du Programme hospitalier de recherche clinique, en partenariat avec l'Inserm.

Enfin, les approches et les méthodes de prise en charge des enfants seront diversifiées, des méthodes encore peu pratiquées en France que le plan prévoit d'expérimenter et d'évaluer. Une "expérimentation au 'compte-gouttes'", "une perte de temps", a regretté Agnès Woimant qui rappelle que "toutes ces approches éducatives et comportementales ont fait leurs preuves depuis des années à l'étranger, notamment dans les pays nordiques et anglo-saxons".

De son côté, Sandrine Bonnaire salue un "progrès, pas forcément sur le nombre de places, mais sur le plan de la qualité, sur le fait que (...) les diagnostics soient faits, que les méthodes soient ouvertes et diversifiées et que les familles soient prises en compte et puissent en parler davantage, qu'elles ne soient pas dans la culpabilité". AP

fs/mw




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