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Les criquets, chenilles et autres larves riches en protéines et en minéraux pourraient constituer une source de nourriture précieuse en période de sécheresse et dans d'autres situations d'urgence, selon des chercheurs participant à une conférence de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Une trentaine de scientifiques de 15 pays se sont réunis à Chiang Mai (Thaïlande) pour participer à ce colloque destiné à promouvoir l'utilisation des insectes comme ressource alimentaire. Certains ont avancé des idées pour le moins originales.
Un chercheur japonais a ainsi suggéré d'installer des élevages d'insectes dans les vaisseaux spatiaux pour nourrir les astronautes. Des scientifiques australiens, néerlandais et américains ont de leur côté souligné qu'il y a de plus en plus de restaurants servant ces petites bestioles, a priori peu ragoûtantes, dans leurs pays respectifs.
Selon la FAO, 1.400 espèces d'insectes et de vers sont consommées par l'homme dans près de 90 pays en Afrique, Amérique latine et Asie. On mange ainsi des criquets et vers à soie en Thaïlande, des larves et des sauterelles en Afrique ou encore des fourmis en Amérique du Sud, ont souligné les chercheurs.
"Dans certains endroits (...) les insectes peuvent très bien être considérés comme faisant partie de la solution" contre la faim, a expliqué Patrick Durst, expert forestier principal à la FAO.
Le professeur néerlandais Arnold van Huis, entomologiste surnommé "M. insecte comestible" aux Pays-Bas, met sur le compte de préjugés occidentaux le fait que les agences humanitaires n'intègrent pas les insectes dans leur aide alimentaire.
Les Occidentaux "doivent vraiment changer", a-t-il affirmé. "J'exhorte d'autres organisations humanitaires à adopter une attitude différente à l'égard de cette (...) excellente nourriture", qui "peut être durable" moyennant certaines "précautions", a-t-il ajouté.
Selon le biologiste allemand V.B. Meyer-Rochow, les organisations humanitaires pourraient faire d'une pierre deux coups en trouvant un moyen de récolter les nuages de criquets et de sauterelles qui ravagent les récoltes. Si la technologie est disponible, ces insectes pourraient être réduits en une pâte et utilisés comme complément alimentaire, précise-t-il.
Reste qu'il y a des interrogations sur l'innocuité de tels mets et les dangers potentiels liés à leur collecte, note Patrick Durst. Tina Van Den Briel, nutritionniste du Programme alimentaire mondial (PAM), organisation de l'ONU qui fournit une aide alimentaire dans des situations d'urgence, doute pour sa part que les insectes puissent être une source de nourriture fiable pour de grandes populations vulnérables. La plupart de ces petits animaux sont saisonniers et ont une durée de conservation limitée, observe-t-elle.
"Ils peuvent constituer un très bon complément alimentaire", précise Mme Van Den Briel, qui n'a pas participé à la conférence. "Mais ils ne conviennent pas à des programmes comme les nôtres où il faut transporter des vivres sur de longues distances et les stocker pendant plusieurs mois." Il pourrait être plus judicieux d'utiliser les insectes en les ajoutant à l'alimentation des animaux ou en les réduisant en farine afin de produire des gâteaux, conclut-elle. AP
lma/v31/nc
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