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actu & culture


WASHINGTON - mercredi 26 mars 2008 à 19h14

Le bouclier antimissile américain suscite encore des réticences


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La Russie a échoué à faire capoter le programme de boucler antimissile américain, mais ce coûteux dérivé du projet de "guerre des étoiles" dévoilé par Ronald Reagan en 1983 reste confronté à une certaine hostilité tant aux Etats-Unis qu'à l'étranger.

La création d'un bouclier antimissile est au coeur de la politique de défense du président George W. Bush même si les attentats du 11 septembre 2001 ont montré qu'un ennemi n'avait pas besoin de moyens sophistiqués pour attaquer les Etats-Unis.

La Russie reste opposée au déploiement prévu d'éléments du bouclier -des intercepteurs de missiles et des radars- en Pologne et en République tchèque. Des réunions de haut niveau la semaine dernière à Moscou n'ont rien changé à la position russe, mais certains signes laissent penser que le Kremlin se résigne désormais à voir le projet se réaliser.

Des interrogations demeurent toutefois sur des points-clé: le prochain président américain maintiendra-t-il le projet? et si le système voit le jour, pourra-t-il vraiment déjouer une attaque de missiles à longue portée?

Parmi les principaux prétendants à la Maison Blanche, seul le candidat républicain John McCain apparaît comme un clair partisan du bouclier. Le démocrate Barack Obama se montre plus prudent, estimant que des tests supplémentaires doivent être menés pour s'assurer que le dispositif est efficace et constitue un investissement rentable.

Quant à Hillary Clinton, elle paraît sceptique. "La sénatrice Clinton a exprimé sa préoccupation sur les milliards de dollars dépensés par l'administration Bush dans un système de défense antimissile balistique (...) qui n'a pas été testé correctement et dont il n'a pas été démontré qu'il fonctionnait", explique Philippe Reines, porte-parole de l'ancienne First Lady.

L'histoire a montré qu'un changement d'administration à Washington pouvait avoir des répercussions profondes sur ce dossier. Ronald Reagan avait présenté sa stratégie de "guerre des étoiles" le 23 mars 1983. Mais le programme fut rapidement démantelé après l'élection de Bill Clinton en 1992.

Peu après son départ de la Maison Blanche, M. Clinton s'était prononcé contre le déploiement d'un système initial de défense antimissile. George W. Bush a lui choisi une autre voie.

Sous son gouvernement, le budget pour la défense antimissile a fortement augmenté, passant à près de 10 milliards de dollars (6,4 milliards d'euros) cette année, alors qu'il était de "seulement" 4,8 milliards de dollars à son arrivée à la présidence en 2001.

Un élément central du débat depuis des décennies porte sur l'efficacité d'un tel dispositif, qui n'a jamais été utilisé contre un tir hostile de missile longue portée. Ses partisans expliquent qu'il a fonctionné contre des attaques réelles de missiles à plus court rayon d'action en Irak. Ils mettent également en avant des tests réussis tout en reconnaissant qu'il ne s'agissait que de simulations d'attaques assez simples.

Mais l'Union des scientifiques concernés (UCS), hostile au bouclier, rétorque que tout pays capable de construire des missiles longue portée serait également capable d'utiliser des leurres et d'autres moyens pour duper les intercepteurs américains.

Comparé à la très ambitieuse "guerre des étoiles" de Ronald Reagan, que beaucoup avaient jugée irréaliste, les objectifs ont été revus à la baisse. L'ancien président américain envisageait un bouclier avec des éléments déployés dans l'espace, censé être si efficace qu'il aurait rendu obsolètes les missiles nucléaires.

Le programme actuel est plus simple. Il porte sur un réseau terrestre de missiles intercepteurs, de radars et de sites de télécommunications, qui pourrait prévenir une attaque impliquant seulement quelques missiles à la fois. La simple existence d'un tel système, quel que soit son niveau de fiabilité, pourrait contribuer à dissuader un pays hostile comme la Corée du Nord à lancer une telle attaque, selon ses partisans.

Des missiles intercepteurs sont déjà installés à Fort Greely, en Alaska, et à la base aérienne de Vandenberg, en Californie. Les deux sites sont liés à des radars et satellites via un système de télécommunications basé à Colorado Springs (Colorado).

Washington est également en négociations avec la Pologne et la République tchèque pour installer dix intercepteurs dans le premier pays et un radar dans le second. Au grand dam de Moscou. AP

lma/v/st