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A Berlin, l'affrontement des deux blocs sera à nouveau d'actualité dimanche pour la finale de la Coupe du monde de football entre la France et l'Italie.
La "Squadra Azzurra" et les Bleus de Zinédine Zidane présentent deux versions convergentes du "bloc-équipe", un quadrillage du terrain sans faille, impitoyable pour les attaquants adverses.
Les vieux dictons tels la "meilleure défense c'est l'attaque" ou "l'important est de participer" ont été foulés au pied durant six matches par les hommes de Marcello Lippi et ceux de Raymond Domenech qui partagent le même pragmatisme et la même ambition.
Pour la France "version 2006", le premier défenseur est Thierry Henry et le premier attaquant Fabien Barthez.
"Il faut comprendre que bien défendre, c'est une façon d'attaquer", résume Sidney Govou, qui reste sur cinq titres consécutifs de champion de France conquis avec l'Olympique Lyonnais, en pratiquant un système de jeu similaire à celui de l'équipe de France.
La France n'a encaissé que deux buts en Allemagne, l'Italie un seul. Il s'agit des deux meilleures défenses de la compétition.
"Ma philosophie de jeu a toujours été la prise de risques offensifs. Mais cette méthode ne fonctionne qu'avec une base défensive fiable", explique Marcello Lippi, qui pourrait offrir à l'Italie une quatrième étoile qui lui échappe depuis son dernier sacre il y a 24 ans, en 1982.
L'Italie a inscrit 11 buts en Allemagne, la France seulement huit.
"Il faut plus d'audace", avait demandé Domenech à son équipe après les deux matches nuls du premier tour enregistrés face à la Suisse (0-0) et l'Italie (1-1). Il a été entendu.
Son choix de jouer avec une seule pointe (Henry) oblige en effet les défenseurs à un gros travail de soutien des attaquants. Willy Sagnol et Eric Abidal montent souvent, Patrick Vieira a joué les buteurs. A contrario Florent Malouda et Franck Ribéry, comme Zidane et Henry défendent pratiquement autant qu'ils attaquent.
La solidarité de l'orchestre français a éteint les solistes brésiliens en quart de finale, comme il était venu à bout des "chiens fous" espagnols en huitième et des expérimentés Portugais privés d'occasions de but en demi-finale.
Domenech a donc fait triompher sa vision du jeu à dominante défensive, largement calquée sur celle d'Aimé Jacquet, champion du monde 1998 au Stade de France.
Il doit désormais franchir la dernière marche face à la formation de Lippi, fin tacticien, doté d'un banc semble-t-il plus profond que celui des Français qui disputeront la finale en blanc, un maillot qui leur porte bonheur en Allemagne.
Cinq des 11 buts italiens ont été inscrits par des remplaçants. En demi-finale, face à l'Allemagne, Lippi n'a pas hésité à faire entrer trois attaquants -Vincenzo Iaquinta, Alberto Gilardino et Alessandro Del Piero- en fin de rencontre. Pari gagné.
Fabio Cannavaro, qui fêtera sa 100e sélection face à la France, est l'un des symboles de la solidité italienne comme l'est Lilian Thuram, 121 sélections record pour la France dimanche en finale pour le dernier match de sa carrière internationale.
Gianluigi Buffon, considéré par Thuram "comme peut-être le meilleur gardien du monde", est l'une des autres forces de cette formation, avec Toni Luca, l'attaquant aux 31 buts en 38 matches de championnat cette saison.
"On a Zidane, eux ne l'ont pas", estime Sagnol confiant en la capacité de "Zizou" à pouvoir une nouvelle fois "tuer le match", le jour de ses adieux.
Andrea Pirlo devra jouer les Zidane, côté italien. Et sans doute éviter d'abuser de longs ballons, comme contre l'Australie en huitième de finale, où la Squadra Azzurra avait dû attendre un penalty contestable dans le temps additionnel pour se tirer d'affaire. Elle a ensuite pulvérisé l'Ukraine 3-0 avant de dominer l'Allemagne 2-0.
Le physique pourrait faire la différence. Thierry Henry a reconnu un "coup de pompe" des Bleus face au Portugal. Les Italiens ont bénéficié d'une journée de repos supplémentaire pour préparer cette finale au Stade Olympique (20h). Mais ils ont une prolongation de plus dans les jambes, celle disputée contre l'Allemagne.
"Physiquement, les Italiens ont l'air au-dessus de tout le monde. C'est un de leurs points forts", estime Govou.
Le mental sera déterminant. La France reste sur son succès de l'Euro 2000, quand elle avait égalisé à la dernière seconde du temps réglementaire avant de l'emporter sur un but en or de David Trezeguet.
Dimanche, seul le "Teamgeist", le ballon officiel de la finale, sera doré. Mais il y aura encore dans les buts Fabien Barthez. C'est lui, sur un long dégagement, qui avait fait basculer la finale en 2000 à Rotterdam. Il avait trouvé Trezeguet, qui d'une déviation de la tête avait lancé Sylvain Wiltord pour le tournant du match, l'égalisation à 1-1. Plus qu'un dégagement de gardien, il s'agissait d'un dégagement de premier attaquant. Déjà. AP
jlc/cov/petr
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