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DUISBOURG - lundi 10 juillet 2006 à 18h16

Mondial: le bloc italien sacré en Allemagne


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Un bloc uni dans l'adversité. C'est avec ce leitmotiv que l'équipe d'Italie est devenue dimanche championne du monde de football pour la quatrième fois de son histoire en battant en finale la France, sur fond d'énorme scandale de corruption dans son championnat.

En prenant en main il y a deux ans une sélection italienne moribonde, éliminée au premier tour de l'Euro 2004 portugais, l'intention de Marcello Lippi était de créer un groupe uni "qui vit comme un club".

Il a conduit ce projet où tous les egos s'effacent "pour le bien de l'équipe" jusqu'à la victoire au Mondial allemand, alors même que l'Italie du football fait face au plus gros scandale de corruption de son histoire.

Pour se réinstaller sur le toit du monde, la Squadra Azzurra a marqué 12 buts en sept matches en Allemagne, inscrits par dix joueurs différents. Seuls l'attaquant Luca Toni et le défenseur Marco Materazzi ont trouvé à deux reprises le chemin des filets.

A titre de comparaison, la dernière victoire de l'Italie en Coupe du monde, en Espagne en 1982, avait beaucoup dû aux six buts de son attaquant vedette Paolo Rossi.

"Dans cette Coupe du monde, tout le monde s'est senti important, du premier au dernier gars. C'est peut-être ça le plus beau", a souligné Materazzi, buteur de la tête contre la République tchèque en match de poule, et contre la France en finale.

En Allemagne, le bloc italien s'est articulé autour de deux rocs: le gardien Gianluigi Buffon et le défenseur central et capitaine Fabio Cannavaro. Il n'a cédé que deux fois en sept matches, sur un penalty de Zinédine Zidane en finale et un but contre son camp du défenseur Cristian Zaccardo face aux Etats-Unis, en poule.

"Cannavaro a été le meilleur joueur du tournoi, Buffon le meilleur gardien", a estimé Marcello Lippi. "Parfois, les joueurs voient Buffon devant eux et ça suffit".

Confrontés au scandale qui secoue le Calcio et menace leur avenir en club, les Azzurri ont puisé leur motivation dans l'adversité. "Si le scandale n'avait pas eu lieu, nous n'aurions pas gagné la Coupe du monde", va jusqu'à dire le milieu de terrain Gennaro Gattuso. "Ça nous a donné plus de force".

Le verdict du procès du volet sportif de l'affaire est attendu dans la semaine. La relégation en divisions inférieures a été requise contre quatre clubs majeurs -la Juventus de Turin, le Milan AC, la Lazio Rome et la Fiorentina. Au total, 13 des 23 joueurs retenus par Lippi jouent dans ces clubs.

Avant de partir en Allemagne, les Italiens ont été insultés par leurs propres supporters à leur camp d'entraînement, près de Florence, en raison de l'affaire. Ils ont été informés des réquisitions du procès le jour même de leur victoire 2-0 en demi-finale contre l'Allemagne.

Quelques jours plus tôt, ils avaient appris la grave chute du toit du siège de la Juventus de Turin de l'ex-international Gianluca Pessotto, que beaucoup ont également côtoyé en club. La thèse du suicide est évoquée et l'ancien joueur est toujours entre la vie et la mort.

"J'ai essayé de calmer mes coéquipiers dans les moments difficiles, et il y en a eu beaucoup pendant ces sept matches", a confié Fabio Cannavaro, à qui est revenu le privilège de soulever la Coupe, dimanche soir au Stade olympique de Berlin.

Et la victoire aux tirs au but face à la France (5-3) dimanche soir, est venue effacer les échecs précédents de l'Italie dans cet exercice en Coupe du monde (1990, 1994 et 1998). A Berlin, les cinq tireurs ont marqué, comme un symbole de la cohésion du groupe.

Et maintenant?

Marcello Lippi n'a pas encore annoncé s'il resterait à la tête de la "Nazionale", mais il a estimé qu'avec ou sans lui, ce groupe, qui comporte plusieurs jeunes joueurs, avait de quoi briller au prochain championnat d'Europe, en 2008.

L'histoire bégayant souvent, l'Italie entamera les qualifications pour cette compétition face à la Lituanie le 2 septembre prochain, avant de se rendre quatre jours plus tard... en France, que le hasard a placée dans son groupe d'éliminatoires. AP

jp/v0/mw




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