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"Forza Italia!". Alors que l'avion ramenant les joueurs de la Squadra Azzurra d'Allemagne se posait lundi en fin d'après-midi à Rome, l'Italie, en liesse, fêtait la victoire de son équipe nationale à la Coupe du monde et s'apprêtait à réserver un accueil triomphal à ses héros.
Le capitaine italien Azzurra Fabio Cannavaro, étreignant le précieux trophée, a été le premier à sortir de l'avion, au lendemain de la victoire aux tirs au but de son équipe face à la France. Des appareils de la patrouille acrobatique italienne survolaient les lieux, colorant le ciel de bandes rouges, blanches et vertes -aux teintes du drapeau italien- mais aussi de bleu, en référence à la "Squadra Azzurra".
D'après des responsables de la protection civile, au moins 500.000 supporters, ivres de joie, attendaient impatiemment l'arrivée des joueurs au Cirque Maxime, pour un rassemblement visant à célébrer le quatrième sacre de l'Italie dans le Mondial, alors même que des dizaines de milliers d'autres "tifosi" affluaient encore.
Les joueurs avaient pris place au niveau supérieur d'un autocar, qui tentait de se frayer un chemin au milieu d'une foule de supporters. Ces derniers, dont certains immortalisaient l'instant en prenant des photos à l'aide de leurs téléphones portables, couraient après leurs héros en route vers le rassemblement.
Déjà, une marée humaine avait encerclé le car de l'équipe, envahissant les rues et les places de la capitale, tandis que les joueurs se rendaient à leur premier rendez-vous; une rencontre avec le président du Conseil Romano Prodi, qui n'a pas manqué d'évoquer le scandale des matches truqués dans le "Calcio".
"Merci, merci de rappeler aux jeunes gens que les résultats n'arrivent seulement qu'en travaillant dur, en suant et en s'engageant", a déclaré à l'adresse des joueurs M. Prodi, le sélectionneur Marcello Lippi à ses côtés.
Dans une référence claire au scandale qui a frappé le football italien, le président du Conseil a parlé de "la dignité d'un sport avec des règles précises, qui a besoin d'un grand nettoyage". La victoire est un motif de "joie, de fierté mais aussi de grande responsabilité", a-t-il ajouté. "Merci pour avoir redonné au football, secoué par une tempête sans égale, la dignité qu'il mérite".
"Italie de champions", avait affiché en "une" un peu plus tôt le quotidien milanais "Corriere della Sera". "C'est bien vrai! Champions du monde", lui répondait "La Gazzetta dello Sport". Le journal sportif mettait en première page une photo du capitaine Fabio Cannavaro soulevant la Coupe du monde à l'issue de la finale.
Lundi matin, les Italiens étaient encore nombreux dans les rues des grandes villes du pays. Drapés de vert, blanc, rouge -les couleurs du drapeau italien- ils avaient passé la nuit à faire la fête, à se baigner dans les fontaines, à déclencher les traditionnels feux d'artifice dans les rues.
Pour un moment, l'Italie semblait oublier l'imminence du jugement dans le procès des matches truqués du "Calcio". Quatre des plus grands clubs du pays (Juventus de Turin, Milan AC, Lazio Rome et Fiorentina) sont menacés de relégation dans des divisions inférieures. La décision du tribunal du sport de Rome est attendue en milieu de semaine.
"Ça n'a pas d'importance, nous avons gagné, c'est tout", résumait Federica D'Acuti, 26 ans, près du Colisée de Rome. "Nous avons montré qu'il n'y a pas que le scandale en Italie. Nous avons montré que nous sommes toujours forts".
Certains joueurs estimaient eux-mêmes que l'affaire leur avait donné une motivation supplémentaire pour redorer le blason de leur football.
"Si le scandale n'avait pas eu lieu, je pense que nous n'aurions pas gagné la Coupe du monde", affirmait le milieu de terrain Gennaro Gattuso après la victoire. "Ça nous a donné plus de force".
"Ça ne partira pas", estimait Alfonso Franco, un mécanicien de 20 ans, à propos de l'affaire. "On doit faire avec le scandale, que l'on ait gagné ou pas". AP
jp/v0/mw/cr/v856/887
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