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Pierrick Fédrigo (Bouygues Télécom) est devenu le troisième Français victorieux sur le Tour 2006, au terme d'une 14e étape mouvementée entre Montélimar et Gap, qu'il s'est adjugée au sprint dimanche devant l'Italien Salvatore Commesso.
Sous la canicule, l'Espagnol Oscar Pereiro Sio, arrivé 27e au sein du peloton, a conservé le maillot jaune, à deux jours du début de la grande explication finale entre "ténors" qui aura pour cadre grandiose le profil tourmenté des trois étapes alpestres. A une semaine de l'arrivée à Paris, ils sont encore sept coureurs à se tenir en moins de quatre minutes.
Après Jimmy Casper à Strasbourg et Sylvain Calzati à Lorient, et avant la deuxième journée de repos du peloton à Gap lundi, Pierrick Fédrigo a évité une chute, fatale à trois des six échappés, pour s'adjuger sa première victoire d'étape dans le Tour. Soit son plus beau succès depuis son titre de champion de France sur route l'an dernier.
"Je suis resté concentré dans le final, et je me suis montré plus malin de Commesso. Ça change un peu de voir les Italiens qui se font avoir", a déclaré Fédrigo, une semaine après la victoire de la Squadra Azzurra en finale de la Coupe du monde de football 2006 face aux Bleus.
Le Français de 27 ans a laissé Commesso lancer le sprint à 150 mètres du but pour le devancer sur la ligne. L'Américain Christian Vandevelde a fini troisième à trois secondes. Christophe Moreau a réglé le sprint du peloton des favoris, à sept secondes de Fédrigo.
Déjà vainqueur de deux étapes sur le Tour de France en 1999 et 2000, Commesso (Lampre) avait lancé les hostilités dès le 26e kilomètre. Cinq hommes, ayant compté jusqu'à 5.30 minutes d'avance sur le peloton, sont restés dans sa roue jusqu'au 141e kilomètre, quand dans une descente trois coureurs chutaient.
Le Belge Rik Verbrugghe (Cofidis) en tête de la course tapait une rambarde et ne se relevait pas. Derrière, l'Espagnol David Canada (Saunier Duval) glissait sur la chaussée et l'Allemand Matthias Kessler dans sa roue, franchissait lui aussi la rambarde. Victime d'une fracture de la clavicule droite, Canada abandonnait, comme Verbrugghe, qui ne pouvait se relever, le fémur gauche fracturé. Kessler repartait mais finissait 124e de l'étape.
"La route était mauvaise. J'ai touché le vélo de Verbrugghe mais il ne m'a pas bloqué. Le malheur des uns fait le bonheur des autres" a déclaré Fédrigo.
La dernière arrivée à Gap, en 2003, était entrée dans les annales du Tour, déjà sur une chute. L'Espagnol Joseba Beloki, en tombant dans un virage devant Lance Armstrong, avait permis à l'Américain de s'envoler vers sa cinquième victoire dans le Tour après avoir coupé en funambule à travers champs.
"C'était un peu comme la chute de Joseba Beloki", a souligné Fédrigo.
Le Français, Commesso et Mario Aerts continuaient à trois, mais le Belge rendait les armes. Au sommet du col de la Sentinelle, à neuf kilomètres de l'arrivée, les deux échappés ne comptaient plus que 30 secondes d'avance sur le peloton. Et plus que 15 secondes à deux kilomètres du but. Mais ils résistaient.
Le suspense reste entier concernant le futur vainqueur du Tour à une semaine de l'arrivée sur les Champs-Elysées. Pereiro Sio, devenu septième maillot jaune de cette Grande Boucle 2006 à la surprise générale samedi à Montélimar, pourrait s'avérer moins tendre que le nougat local pour les principaux prétendants à la succession de Lance Armstrong.
"Porter le maillot jaune est la meilleure chose qui pouvait m'arriver", a déclaré l'Espagnol de 28 ans. Après avoir rattrapé près de 30 minutes de retard entre Béziers et Montélimar, il n'entend pas lâcher les 89 secondes d'avance qu'il possède désormais sur l'Américain Floyd Landis.
La terrible trilogie alpestre qui se profile dès mardi pourrait le transcender. L'Espagnol a remporté la Classique des Alpes en 2004 et se rappelle avoir fini deuxième au Pla d'Adet derrière George Hincapie l'an dernier, lors d'un Tour où il avait été désigné "coureur le plus combatif". Il sait donc grimper, et sa victoire dans le prologue du Tour de Romandie 2005 prouve qu'il possède aussi des ressources en contre-la-montre.
Devenu leader de la formation Caisse d'Epargne-Iles Baléares après l'abandon d'Alejandro Valverde sur fracture de la clavicule en début de Tour, Pereiro devrait être la cible de toutes les attaques mardi lors de la terrible 15e étape, 187 km entre Gap et l'Alpe d'Huez marqués par l'ascension du Col de l'Izoard.
Landis compris, ils sont donc sept à se tenir en moins de quatre minutes. Le Français Cyril Dessel (AG2R), l'ex-maillot jaune de Pau, est troisième à 1.37 minute. Suivent le Russe Denis Menchov (Rabobank) à 2.30, l'Australien Cadel Evans (Davitamon) à 2.46, l'Espagnol Carlos Sastre (CSC) à 3.21 et l'Allemand Andreas Klöden (T-Mobile) à 3.58. AP
jlc/cov/petr
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