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Patrice Clerc, président d'Amaury Sport Organisation (ASO), organisateur du Tour de France, a appelé samedi à Cognac à la reconstruction d'un nouveau cyclisme sans les actuels dirigeants de l'Union cycliste internationale (UCI) dont il a dénoncé l'attitude lors des différentes affaires ayant perturbé la 94e édition de la Grande Boucle.
"Le pilotage de la reconstruction d'un nouveau modèle (de cyclisme) ne peut pas être confié à l'UCI. Nous devons le faire avec tous ceux qui rejettent le système actuel afin de retrouver nos valeurs: coureurs, équipes, sponsors, fédérations, pouvoirs publics, instances internationales, ils auront tous à unir leurs forces", a déclaré Patrice Clerc lors d'une conférence de presse dressant le bilan du Tour de France 2007.
"Nous prendrons l'initiative de ce débat et nous communiquerons le résultat de nos travaux le 25 octobre lors de la présentation du Tour 2008 à Paris", a-t-il dit. Parmi les pistes envisagées, figure l'idée d'un passeport éthique, qui pourrait être demandé à toutes les équipes souhaitant s'engager sur le Tour de France, avant même d'évoquer leurs qualités sportives.
Faisant notamment allusion à l'affaire Rasmussen, le Danois maillot jaune exclu du Tour mercredi pour des contraventions au règlement remontant à avant le début de la course, Patrice Clerc a estimé que "l'UCI, par ses agissements, au minimum, a montré un certain manque de clarté, de transparence, de professionnalisme, de compétence, et dans tous les cas, une inconscience totale".
"Dans n'importe quelle société publique ou privée, les responsables n'auraient pas d'autre choix que la démission", a-t-il jugé. "Au pire, l'UCI, si ce n'est pas ce que je viens de décrire, c'est la volonté de nuire, d'atteindre le Tour de France, la volonté d'essayer de diminuer un succès, la volonté de blesser".
"Ca procède d'un calcul machiavélique d'individus irresponsables qui dans ce cas-là auront des comptes à rendre. Nous ne voulons plus vivre cela", a souligné Patrice Clerc.
"Il ne faut pas confondre l'UCI et une poignée d'individus qui ont confisqué le pouvoir", "nous ne voulons pas être exonérés d'un pouvoir sportif responsable", a encore précisé le président de l'ASO. "Le système en place a montré sa faillite par l'ampleur des dégâts qu'il a provoqués. On ne veut plus de gens soit incompétents ou qui ont voulu nuire au Tour de France".
Patrice Clerc s'en est pris au président de l'Union cycliste internationale Pat McQuaid, qui souhaite abroger un point du règlement sportif de l'UCI, lequel, s'il avait été appliqué, aurait permis d'empêcher Michael Rasmussen de prendre le départ de la Grande Boucle.
"Je voudrais vous faire part de mon effarement en entendant le plus haut responsable de l'UCI dire, à propos d'un article du règlement qui prévoit que dans les 45 jours qui précèdent un grand tour, un coureur qui se serait soustrait à un contrôle n'aurait plus le droit de participer", que cet article-là est "trop dur pour les coureurs et qu'évidemment, ça va être abrogé, en préjugeant du vote du comité directeur (...)", a expliqué le président d'ASO. "Pour en avoir parlé avec certains coureurs depuis hier, ils considèrent que c'est une catastrophe si cet article est abrogé" car à leurs yeux, "c'est le seul qui permet de lutter efficacement (contre le dopage) dans les 45 jours qui précèdent une course", a-t-il dit.
Invité à réagir à chaud aux propos de Patrice Clerc aux abords du village départ de la 19e étape Cognac/Angoulême, Pat McQuaid a déclaré que "le cyclisme n'appartient pas à ASO, mais à la famille du cyclisme". "Je suis le patron de l'Union cycliste internationale", a-t-il dit.
Interrogé par ailleurs sur des informations du "Monde" selon lesquelles l'actuel maillot jaune, Alberto Contador, apparaîtrait dans le dossier de l'"Opération Puerto", scandale de dopage en Espagne, Patrice Clerc a répondu qu'il n'était pas courant. Il a précisé que le secrétaire d'Etat espagnol aux sports serait dimanche sur les Champs Elysées.
De son côté, Pat McQuaid a déclaré qu'il ne pouvait pas confirmer que le nom du coureur de Discovery Channel figurait dans le dossier, ajoutant qu'il n'avait pas lu la totalité de l'imposant dossier, écrit en espagnol. "En ce moment, nous n'avons pas assez de preuves qu'il est impliqué", a-t-il dit, expliquant avoir parlé dans la matinée avec l'avocat de l'UCI qui a étudié le dossier de Contador. AP
jlc/jp/cov/cr
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