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actu & culture


L'ALPE D'HUEZ - mardi 18 juillet 2006 à 19h10

La Toussuire, la belle chance des grimpeurs



Arrivée inédite, La Toussuire pourrait entrer dans la légende du Tour de France mercredi en raison d'un parcours hallucinant, apte à faire basculer la Grande Boucle 2006.

Les purs grimpeurs seront à la fête lors de cette 16e étape longue de 182 kilomètres entre le Bourg d'Oisans et la station savoyarde. L'Américain Floyd Landis, qui a retrouvé le maillot jaune de leader mardi à l'Alpe d'Huez, a avoué son inquiétude à la veille de s'attaquer à cet épouvantail.

Car l'ascension d'entrée du col du Galibier, le "toit du Tour" du haut de ses 2.646 mètres, sera suivie de celle de la Croix-de-Fer, autre montée hors-catégorie. Après le col du Mollard (2e catégorie), le peloton devra gravir 18 kilomètres à 6% pour atteindre La Toussuire située à 1.705 mètres d'altitude.

"La Toussuire sera l'étape clé", estime Alain Gallopin, l'un des directeurs sportifs de la CSC qui croit aux chances de son coureur poids léger, l'Espagnol Carlos Sastre, cinquième du classement général à l'issue d'une montée vers l'Alpe d'Huez qui n'a pas dynamité la course mardi. "Contrairement à l'étape de l'Alpe d'Huez, il n'y aura aucun répit entre les quatre ascensions. Tactiquement, il faudra être fin et malin".

Depuis 1998 et le sacre de Marco Pantani, les grimpeurs sont écrasés en montagne par les rouleurs complets symbolisés par Lance Armstrong. L'Américain, septuple vainqueur de l'épreuve entre 1999 et 2005, a souvent dominé en montagne, grâce à ses 100 coups de pédales par minute caractéristiques venus de son passé de triathlète. Mais c'est souvent dans les dernières ascensions d'étapes que le Texan a fait la différence.

Mercredi, le profil de la course pourrait profiter à un téméraire matinal. Le Galibier présente d'entrée 43 kilomètres d'ascension à 4,5% de pente de moyenne, puis la Croix-de-Fer qui culmine à 2.067 mètres, près de 23 km à près de 7%.

"Cette étape sera très difficile, car il y aura plus de difficulté au programme qu'aujourd'hui, même si l'ascension finale sera moins dure que l'Alpe d'Huez", a déclaré mardi Floyd Landis, après avoir repris à Oscar Pereiro Sio, la tunique de leader.

"Je ne pense pas qu'il y aura une regroupement avant l'ascension finale. Il y aura sans doute un petit groupe devant. Les deux étapes qui viennent seront décisives", a ajouté le vainqueur de Paris-Nice, qui court comme son compatriote Armstrong, de façon défensive, sans prendre de risque, en produisant ses efforts seulement dans les dernières montées. Après La Toussuire, les coureurs s'élanceront jeudi pour le dernier volet de la trilogie alpestre, long de 200,5 km entre Saint-Jean-de-Maurienne et Morzine avec au programme notamment les ascensions du col des Saisies, de ceux de la Colombière et de Joux-Plane.

Comme Sastre vainqueur au Plateau de Bonascre en 2003, Pereiro deuxième du général à 10 secondes de Landis, est lui aussi de la trempe des grimpeurs, comme en témoigne sa victoire dans la classique des Alpes et sa deuxième place à Saint Lary Soulan dans le Tour l'an dernier.

Ils pourraient faire revivre mercredi les épopées de Pantani, ou encore celles de Pedro Delagado en 1988 ou Lucien Van Impe en 1976, autant d'oiseaux mouches montés sur la plus haute marche du podium du Tour de France.

"Carlos est un pur grimpeur, il a un bon coup de pédale, et il sait prendre ses responsabilités", rappelle Gallopin, à propos de Sastre, qui pointe seulement à 2.17 minutes de Floyd Landis. AP

jlc/cov/




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