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A quatre jours de l'arrivée du peloton sur les Champs-Elysées, l'Espagnol Oscar Pereiro, de nouveau maillot jaune du Tour de France après l'étape de La Toussuire mercredi, est en passe de réaliser une immense surprise à laquelle ses adversaires auront largement contribué.
Le coureur de l'équipe Caisse d'Epargne-Iles Baléares, donné pour mort après la traversée des Pyrénées, totalise 1.50 minute d'avance sur son compatriote Carlos Sastre (CSC) avant la dernière étape alpestre et le dernier contre-la-montre programmé samedi.
Ce retour au premier plan de l'Espagnol de 28 ans n'aurait jamais été possible sans la volonté de la Phonak et des grosses équipes, qui l'ont ressuscité en lui laissant reprendre près d'une demi-heure lors de l'étape disputée entre Béziers et Montélimar.
A ce moment de la course, la Phonak de Floyd Landis souhaitait abandonner le maillot jaune de l'Américain pour éviter d'avoir à contrôler la course. Quant à la CSC de Sastre et la T-Mobile d'Andreas Klöden, troisième au général à 2.29 minutes de Pereiro, elles l'ont probablement sous-estimé.
"Je pense qu'elles ont commis une erreur", a commenté Pereiro, vainqueur d'une étape sur le Tour l'an passé dans les Pyrénées et de la Classique des Alpes en 2004. "Au départ, j'étais venu sur le Tour pour aider mon leader Alejandro Valverde (NDLR: le leader du Pro Tour a abandonné en début de course). Mais j'avais déjà terminé dans les dix premiers du Tour. Certes, j'avais vécu une très mauvaise journée dans les Pyrénées (à Pla-de-Beret), mais après en montant dans le bus j'avais dit à mes équipiers que j'allais gagner une étape."
La stratégie de la Phonak aurait pu fonctionner, mais Landis a explosé mercredi à La Toussuire. L'Américain, qui avait retrouvé son maillot jaune après l'Alpe d'Huez, est désormais 11e à 8.08 secondes de Pereiro.
"Phonak n'avait pas commis d'erreur car ils avaient besoin d'une autre équipe pour contrôler la course", a poursuivi Pereiro, qui avant sa victoire à Pau l'an passé s'était aussi classé 2e au terme de la grande étape pyrénéenne de Saint-Lary-Soulan. "Mais les autres se sont trompés en me laissant prendre autant de temps. Ils pensaient que je ne pourrais pas résister en montagne, mais je suis arrivé plus léger de deux kilos sur ce Tour, c'est important."
Doté d'une bonne avance en tête du général, Pereiro, premier Espagnol maillot jaune du Tour depuis Igor Gonzalez de Galdeano en 2002, estime avoir fait un "grand pas" vers la victoire finale mais préfère ne pas s'emballer.
"Dans un Tour fou comme celui-là, il faut voir au jour le jour", a-t-il déclaré. "Landis était super favori hier, aujourd'hui il a perdu beaucoup de temps. En tout cas, c'est un pas très important vers le podium."
Pereiro, qui a fait ses débuts professionnels en 2000, a porté les couleurs de la Phonak entre 2002 et 2005, a ensuite fait part de sa tristesse pour Landis, un coureur qu'il respecte énormément.
"Je suis content de pouvoir me battre pour la première place, mais j'aurais préféré qu'il soit aussi dans la partie", a déclaré Pereiro. "Je dois beaucoup à Phonak. En tout cas, je ne l'aurais jamais attaqué le premier, car c'est un ami et c'est grâce à lui que par le passé j'ai pu disputer le Tour de France." AP
petr/cov/jlc
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