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En vingt ans et cinq éditions, aucun vainqueur de la Coupe du monde n'a réussi à conserver son titre et c'est un énorme défi que va devoir relever l'Angleterre, en perte de vitesse, pour devenir la première nation à signer ce doublé historique.
Relégué au 7e rang du classement IRB, le champion sortant est loin des pays qui l'ont précédé au palmarès de l'épreuve, la Nouvelle-Zélande (1987), l'Australie (1991 et 1999) et l'Afrique du Sud (1995). Son retard paraît également relativement important par rapport à la France et à l'Irlande qui la devancent, désormais régulièrement, sur le Vieux Continent.
Le jeu de l'Angleterre s'est lentement étiolé depuis que Jonny Wilkinson a passé, dans les prolongations de la finale 2003, le drop qui a permis à l'Angleterre d'être la première nation de l'hémisphère nord à se hisser sur le toit du monde.
Le XV de la Rose disposait alors de nombreux joueurs en pleine maturité et les meilleurs à leur poste. Beaucoup ont pris leur retraite tel l'emblématique capitaine Martin Johnson.
Pour donner une ossature à son équipe, Brian Ashton, l'entraîneur anglais, a retenu 13 survivants de l'épopée australienne dont huit avants. Parmi ceux-ci figure le troisième ligne Lawrence Dallaglio, le plus capé de l'équipe (80 sélections) mais aussi son vétéran avec le centre Mike Catt (35 tous les deux).
Les critiques n'ont pas manqué à l'égard du groupe anglais dont la moyenne d'âge est de 29 ans et quatre mois, soit presque deux ans de plus que la "Dad's Army" qui avait mis les pieds en Australie.
Ashton n'a pas été aidé par les blessures dont ont été victimes plusieurs arrières. L'ouvreur Charlie Hodgson, le jeune ailier prometteur David Strettle n'ont pu être retenus tout comme le centre Mike Tindall, le métronome des lignes arrières.
Appelé au chevet de la sélection anglaise il y a seulement quelques mois, Ashton aura toutefois la chance de pouvoir compter sur Jonny Wilkinson, qui semble en avoir terminé avec ses pépins physiques.
Si elle veut garder sa couronne, l'Angleterre aura bien besoin du maestro Wilkinson et de ses coups de pieds millimétrés. L'Angleterre a conservé son immense capacité à conquérir puis monopoliser le ballon mais a du mal à concrétiser à la marque, surtout devant des adversaires qui défendent sans commettre de fautes.
Ainsi, le Quinze de la Rose a-t-il été battu à Twickenham par la France (21-15) en dépit d'un taux de possession de balle de plus de 60% et d'une domination en mêlée et en touche. Les Bleus se sont imposés une deuxième fois (22-9) huit jours après.
"Nous pensions avoir retenu les leçons de notre première défaite", a expliqué l'ailier Josh Lewsey. "Mais on n'a pas su les mettre en pratique. On n'a pas été assez bons. Il faut corriger tout cela".
Le joueur-clef: Jonny Wilkinson
Par ses coups de pieds de déplacement et son sens tactique, l'ouvreur de Newcastle reste le maître à jouer du Quinze de la Rose d'autant qu'il est aussi un farouche défenseur. Il retrouve la forme et n'a plus connu la blessure depuis trois mois ce qui n'était jamais arrivé depuis le Mondial 2003. Wilkinson est le troisième réalisateur en Coupe du monde avec 182 points (1999 et 2003).
Passé en Coupe du monde
1987: demi-finaliste
1991: finaliste
1995: quatrième
1999: quart de finaliste
2003: vainqueur
AP
xdes/petr
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