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Le directeur du laboratoire de Châtenay-Malabry, Jacques de Ceaurriz, a critiqué jeudi le manque d'élégance de la défense de Floyd Landis, qui a été suspendu deux ans pour dopage.
Les arbitres de la commission de l'agence américaine antidopage (USADA) ont confirmé les résultats du contrôle effectué sur le Tour 2006 qui avait démontré que le champion américain avait fait usage de testostérone synthétique lors de son succès sur les routes de France.
Landis avait choisi de se défendre en fustigeant les pratiques du laboratoire de Châteany-Malabry, qui a analysé ses urines.
"On en a pris plein la figure", a déclaré De Ceaurriz, joint par téléphone. "C'était outrancier. Ça aurait pu se passer mieux que ça, sans attaquer le labo. On a donné le maximum de documents. La défense n'a pas été très élégante."
Dans leur décision de 84 pages, les arbitres qui ont donné tort à Landis ont estimé que le premier test destiné à mesurer les niveaux de testostérone (NDLR: l'analyse mesurant le ratio testostérone-épitestsostérone) n'avait pas été effectué selon les standards de l'agence mondiale antidopage. Mais le plus précis et plus onéreux test IRMS, qui distingue l'origine de la testostérone détectée, naturelle ou synthétique, était fiable, ont jugé les arbitres, estimant qu'une "violation à la réglementation antidopage était établie".
"le problème, c'est que Landis a des concentrations d'épitestostérone qui étaient à la limite de détection", a expliqué De Ceaurriz. "Mais le (premier) test ne sert que pour nous interpeller, pour faire ensuite le test IRMS qui est un test de preuve. L'IRMS est sans ambiguïté. Il a été déclaré positif sur celui-là."
Landis avait insisté pour que son audition soit publique, non seulement pour prouver son innocence, mais aussi pour discréditer l'USADA et le laboratoire français de Châtenay-Malabry (LNDD).
Les arbitres, tout en suspendant Landis, ont critiqué certains aspects du travail du laboratoire français.
"La commission trouve que les pratiques du labo dans la formation de ses employés semblent manquer de la rigueur attendue en de telles circonstances étant donnée les énormes conséquences sur les athlètes" d'une conclusion analytique contraire, ont écrit les arbitres, répétant à plusieurs reprises que les erreurs du labo n'étaient pas suffisantes pour annuler un résultat positif. Mais les arbitres ont lancé un avertissement.
"Si de telles pratiques se perpétuent, il se pourrait à l'avenir qu'une erreur comme celle-là puisse déboucher sur un renvoi."
"On demande aux laboratoires de faire des résultats extrêmement rapides, y compris dans le cadre de l'affaire Landis où la contre-expertise a eu lieu la veille de la fermeture du labo", a réagi De Ceaurriz. "Ça nous a obligé à réquisitionner du personnel, à annuler des billets d'avion. On nous a précipités, c'est comme ça que le personnel a fait des petites bavures, on a été mis sous pression. On exige que le laboratoire soit très réactif et la procédure dure ensuite plus d'une année." AP
petr-jl/
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