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Le cycliste américain Floyd Landis Floyd Landis a perdu le combat censé démontrer son innocence et a été suspendu deux ans pour dopage, a appris l'Associated Press jeudi.
Les arbitres de la commission de l'agence américaine antidopage (USADA) ont confirmé les résultats du contrôle effectué sur le Tour 2006 qui avaient démontré que le champion américain avait fait usage de testostérone synthétique lors de son succès sur les routes de France.
Cette décision, prononcée quatre mois après l'audition de Landis aux Etats-Unis, est susceptible d'appel devant le Tribunal arbitral du Sport (TAS).
Le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, a déclaré que l'Américain n'était plus considéré comme le vainqueur de la Grande Boucle 2006 depuis longtemps déjà.
"Pour nous, Floyd n'est plus le vainqueur depuis l'analyse de son échantillon B sur le Tour 2006", a réagi Prudhomme. "Nous avons dit et répété depuis que nous faisions confiance aux résultats du laboratoire de Châtenay-Malabry. Nous avons attendu trop longtemps, mais ça se termine comme prévu. Je présume que Floyd fera appel. Ça a pris beaucoup de temps pour établir ce qu'on savait déjà (NDLR: qu'il avait triché). Mais c'est bon qu'un tribunal américain ait pris cette décision."
Selon les documents obtenus par l'AP, qui seront rendus publics plus tard jeudi, la décision a été prononcée à deux voix contre une.
"La décision d'aujourd'hui est une victoire pour tous les athlètes propres et pour tous ceux qui tiennent à une compétition équitable et honnête", a déclaré le conseiller général de l'USADA, Travis Tygart.
Agé de 31 ans, Landis, qui a nié à plusieurs reprises s'être dopé, devrait donc être déchu de sa victoire sur le Tour. Il est soumis à une suspension de deux ans, rétroactive au 30 janvier 2007.
Si Landis ne fait pas appel, il deviendra le premier coureur de l'histoire de la Grande Boucle à perdre son titre pour dopage. Sil gagne devant le TAS, il pourra éventuellement conserver son titre mais pour le moment, il l'a perdu au profit de l'Espagnol Oscar Pereiro, a déclaré le président de l'UCI, Pat McQuaid, joint par téléphone.
"En vertu de nos règlements, nous allons le priver de son titre et l'attribuer à Pereiro", a déclaré McQuaid. "S'il fait appel devant le TAS, nous attendrons la décision. Mais rien ne peut nous empêcher maintenant de le priver de son titre."
Pereiro, qui avait terminé deuxième du Tour 2006 derrière Landis, a déclaré qu'il n'avait pas été officiellement informé.
"Vous ne voulez jamais gagner une compétition de cette façon", a-t-il dit. "Mais après un an et demi de tout ça, je suis simplement heureux que ce soit fini."
Landis, qui dispose d'un mois pour faire appel, examine encore ses possibilités d'action, selon un communiqué transmis par ses avocats.
"Cette décision est un coup porté à tous les athlètes et cyclistes", a déclaré Landis. "Que la commission se prononce en faveur de l'USADA alors que l'USADA n'a pas réussi à prouver les éléments les plus basiques de l'affaire démontre que ce système est fondamentalement défectueux. Je suis innocent et nous avons prouvé que je suis innocent."
Dans leur décision de 84 pages, les arbitres qui lui ont donné tort ont estimé que le premier test destiné à mesurer les niveaux de testostérone (NDLR: l'analyse mesurant le ratio testostérone-épitestsostérone) n'avait pas été effectué selon les standards de l'agence mondiale antidopage.
Mais le plus précis et plus onéreux test IRMS, qui distingue l'origine de la testostérone détectée, naturelle ou synthétique, était fiable, ont estimé les arbitres, estimant qu'une "violation de la réglementation antidopage était établie".
La décision intervient plus d'un an après le retour phénoménal de Landis dans la 17e étape du Tour 2006, une performance que beaucoup d'observateurs avaient trouvée surnaturelle. Ce jour-là, s'envolant vers Morzine, Landis avait repris près de huit minutes et avait ensuite remporté la course de trois semaines.
Landis avait insisté pour que son audition soit publique, non seulement pour prouver son innocence, mais aussi pour discréditer l'USADA et le laboratoire français de Châtenay-Malabry (LNDD).
Les arbitres, tout en suspendant Landis, ont critiqué certains aspects du travail du laboratoire français.
"La commission trouve que les pratiques du labo dans la formation de ses employés semblent manquer de la rigueur attendue en de telles circonstances étant donné les énormes conséquences sur les athlètes" d'une conclusion analytique contraire, ont écrit les arbitres, répétant à plusieurs reprises que les erreurs du labo n'étaient pas suffisantes pour annuler un résultat positif. Mais les arbitres ont lancé un avertissement.
"Si de telles pratiques se perpétuent, il se pourrait à l'avenir qu'une erreur comme celle-là puisse déboucher sur un renvoi."
Selon l'un des trois arbitres, Christopher Campbell, qui a voté contre la suspension, le dossier Landis aurait dû être renvoyé.
"Les documents fournis par le LNDD sont tellement truffés d'erreurs qu'ils ne supportent pas un examen contradictoire", a-t-il écrit. "M. Landis devrait être déclaré innocent."
Le président de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), Pierre Bordry, n'a pas voulu s'avancer avant d'avoir pris connaissance du dossier.
"La première question qui se pose est de savoir ce que fait l'UCI", a-t-il déclaré, joint par téléphone. "Le collège de l'agence se réunira début octobre."
Interrogé sur la possibilité d'une convocation de Landis en France, M. Bordry a répondu que l'AFLD était "compétente".
"C'est le collège de l'agence qui décidera", a-t-il dit. "A priori, cette décision paraît conforme au code de l'agence mondiale antidopage, mais il faut connaître le dossier pour dire ça."
AP
petr/v0/div/cov/
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