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actu & culture


OYAMA, Japon - jeudi 27 septembre 2007 à 10h44

La Formule 1 veut tourner le dos au scandale au Grand Prix du Japon


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Après deux mois tumultueux, la Formule 1 fait escale au Japon ce week-end avec l'espoir que l'attention se focalise de nouveau sur la piste et non plus en coulisses.

Jusqu'au mois d'août et au Grand Prix de Hongrie, le quotidien semblait relativement normal dans le petit monde de la F1. Lewis Hamilton le débutant avait deux points d'avance sur son équipier chez McLaren, le double champion du monde Fernando Alonso. Leur duel ravissait tous les amateurs de sport automobile.

McLaren semblait en passe de remporter le titre constructeurs après avoir échappé à des sanctions dans le conflit l'opposant à Ferrari à propos des données techniques de la Scuderia retrouvées en possession du responsable du design de l'écurie anglaise.

Près de deux mois plus tard, l'équipe McLaren a non seulement été exclue du championnat constructeurs et condamnée à 100 millions de dollars d'amende (72 millions d'euros), mais en plus son patron Ron Dennis ne parle plus à Alonso.

La Scuderia a été sacrée championne du monde pour la 15e fois et Hamilton devance Alonso de deux points au classement pilotes, à trois courses de la fin de la saison.

Plus de 150 journalistes et cameramen ont joué des coudes la semaine dernière devant les bureaux de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), quand les protagonistes de l'affaire d'espionnage se sont présentés devant le Conseil mondial, qui a clairement démontré l'implication d'Alonso dans le scandale.

Alonso n'a plus parlé à Dennis depuis le Grand Prix de Hongrie. Ses relations ne sont pas très bonnes non plus avec Hamilton, qui a été baptisé "le bébé de Ron" par l'ancien pilote McLaren Juan Pablo Montoya. Un autre ancien pilote McLaren, Kimi Räikkönen, désormais chez Ferrari, a de son côté laissé entendre que l'espionnage était déjà pratiqué du temps où il faisait partie de l'équipe.

Rien de tout ça ne serait probablement arrivé si Alonso ne s'était pas éternisé dans les stands lors des qualifications du Grand Prix de Hongrie. Alors que ses pneus avaient été changés, il était resté immobile pendant 30 secondes et avait empêché ainsi Hamilton de tenter de battre son chrono.

"Dans l'esprit de Fernando, il y la forte croyance que notre politique, qui consiste à traiter sur un pied d'égalité chaque pilote, ne reflète pas son statut de champion du monde", a déclaré Dennis au cours de la réunion, selon les transcriptions communiquées par la FIA.

Le matin de la course en Hongrie, Alonso et Dennis s'étaient disputés et le pilote avait menacé de se rendre à la FIA avec des emails compromettants contenant des informations sur l'affaire Ferrari. Dennis a immédiatement téléphoné au président de la FIA, Max Mosley, et les nouvelles preuves ont débouché sur le Conseil mondial de l'automobile à Paris. Dans cette affaire, Hamilton et Alonso ont échappé à des pénalités en échange de leurs témoignages.

La semaine dernière, McLaren a décidé de ne pas faire appel. L'équipe a accepté l'amende de 100 millions de dollars (72 millions d'euros), qui inclut la prime que l'équipe aurait perçue en terminant à la première place constructeurs. Au final, McLaren devra donc verser entre 30 et 40 millions de dollars.

"Nous pensons qu'il est temps de laisser cette immense distraction derrière nous", a déclaré Dennis. "McLaren veut gagner des courses et des championnats du monde."

En dépit du scandale, le championnat reste passionnant. Hamilton accusait un retard de 14 points sur son équipier après le Grand Prix de France en juillet. Lors de six Grands Prix disputés depuis, Alonso a fini devant Hamilton. Le titre pourrait se jouer lors de la dernière course, au Brésil, où Alonso a conquis ses deux championnats du monde alors qu'il pilotait pour Renault. AP

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