Rechercher iBelgique
Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


MONTCEAU-LES-MINES - samedi 22 juillet 2006 à 18h05

Tour de France: Landis reprend le pouvoir


Agrandir l'image

La logique a été respectée à l'issue du dernier contre-la-montre du Tour de France de toutes les surprises et rien ne semble plus pouvoir empêcher l'Américain Floyd Landis de succéder à son compatriote Lance Armstrong dimanche sur les Champs-Elysées.

Troisième au classement général avant le dernier grand rendez-vous de l'édition 2006 de la Grande Boucle, Landis (Phonak) a fait ce qu'il fallait pour annihiler les 30 secondes qui le séparaient du leader espagnol Oscar Pereiro Sio (Caisse d'Epargne-Iles Baléares).

Troisième de l'étape à 1.11 secondes de l'Ukrainien Serhiy Honchar, déjà vainqueur du chrono de Rennes il y a deux semaines, Landis a comme prévu pris les commandes de la course en délogeant son ami espagnol, qui s'est battu comme un beau diable pour rester sur le podium, dont il occupe désormais la deuxième place à 59 secondes de Landis.

"Je ne peux pas être plus heureux, vraiment. Mon équipe et moi avons donné tout ce qu'on avait dans le ventre. Je suis fier. Aujourd'hui, c'est l'un des meilleurs jours de ma vie. J'espère ne pas laisser filer de nouveau le maillot, mais je crois bien que c'est fini", a commenté Landis, qui avait porté deux jours le maillot jaune avant sa terrible défaillance de La Toussuire.

L'Espagnol Carlos Sastre (CSC), deuxième avant le départ de l'étape à 12 secondes de Pereiro, a sombré corps et âme et a été dépossédé de sa troisième place par l'Allemand de la T-Mobile Andreas Klöden, qui avait terminé deuxième à Paris en 2004. Deuxième de l'étape à 41 secondes de Honchar, Klöden pointe désormais à 1.29 minute de Landis

L'Américain, bien meilleur que ses rivaux ibères en contre-la-montre, a réussi l'un de ces retournements de situation qui jalonnent l'histoire du Tour. Le Luxembourgeois Charly Gaul (1958), Jacques Anquetil (1962), le Néerlandais Jan Janssen (1968), Bernard Hinault (1978), l'Irlandais Stephen Roche (1987) et l'Américain Greg LeMond (1989 et 1990) avaient eux aussi conquis le maillot jaune à l'issue du dernier contre-la-montre.

Le parcours de purs spécialistes entre Le Creusot et Mâcon (57km), pas très technique, sans longues traversées de village ni virages délicats, convenait très bien à Landis, qui attaquait son chrono sur un rythme très élevé.

Après 8,5 kilomètres, l'Américain de 30 ans comptait déjà environ 35 secondes d'avance sur Sastre (CSC). Guidé par les instructions dans l'oreillette de son directeur sportif John Lelangue, Landis comptait 10 secondes d'avance sur Pereiro au premier pointage intermédiaire de Montchanin-le-Haut (km 16,5). Parti en trombe, l'ancien équipier d'Armstrong devançait même d'une seconde Honchar.

A ce moment-là, tout était déjà terminé pour Sastre, devancé de 1.05 minute par Landis. "Tu as une minute d'avance sur Sastre", annonçait Lelangue à son protégé pour l'inciter à poursuivre son effort.

Pereiro, qui avait annoncé qu'il devrait réussir le contre-la-montre de sa vie pour contrer l'ambition de Landis, parvenait à limiter les dégâts sur la partie technique du parcours mais faiblissait rapidement sur les longues lignes droites des routes de Saône-et-Loire. Après 25 kilomètres de course, le Galicien de 28 ans, probablement parti trop vite, abandonnait virtuellement son maillot jaune à l'Américain et accusait un retard de près d'une minute au deuxième pointage, après 34,5 kilomètres. Le visage marqué, Pereiro, qui rêvait de devenir le premier Espagnol vainqueur du Tour de France depuis Miguel Indurain en 1995, payait sa débauche d'efforts.

"Tout est parfait, Floyd, ta position est excellente, bon boulot", continuait Lelangue.

Landis, à qui plus personne ne donnait la moindre chance après sa contre-performance de La Toussuire mais relancé dans la course au général grâce à sa longue chevauchée vers Morzine, écoutait les conseils de Lelangue, le nez rivé sur le goudron.

Sans connaître le moindre problème, il achevait son parcours prudemment et se classait 3e de l'étape.

"Nous n'avons pas douté, mais on savait aussi que tout pouvait arriver", résumait Lelangue. "Il s'est passé tellement de choses sur ce Tour! On a donc été prudents, on voulait le maillot jaune, pas la victoire d'étape."

Klöden (T-Mobile) a réalisé un joli numéro samedi et l'ancien équipier de Jan Ullrich a profité à fond des déboires de Sastre pour s'adjuger la 3e place, à 1.29 minute de Landis. Klöden peut pourtant se mordre les doigts: à la Toussuire, les T-Mobile, très frileux, avaient laissé passer l'occasion d'achever Landis...

Mais le sourire était de mise du côté de la formation allemande sur la ligne d'arrivée: Honchar, 36 ans, a offert à la T-Mobile, qui occupe la première place du classement par équipes, sa troisième victoire d'étape depuis le départ de la course.

L'ancien champion du monde du contre-la-montre, auteur d'une démonstration de force tout en puissance, pouvait savourer son succès. "Je ne sais pas comment je fais pour emmener de tels braquets", commentait-il. "En course, je ne contrôle pas ma souplesse ni la position. Je suis seulement concentré sur le fait de pousser le plus fort possible et d'aller le plus vite possible." Efficace. AP

petr/cov/jlc




Rechercher #iBelgique#